Chronique littéraire de Jean-Rémi Barland. « Mordre l’orage » d’Isabelle Pandazopoulos. Un roman explorant les rouages du couple et de la maternité

Publié le 20 septembre 2026 à 11h05 - Dernière mise à jour le 20 septembre 2026 à 11h05

Un testament, des secrets de famille et une existence qui vacille. Dans « Mordre l’orage », Isabelle Pandazopoulos explore à travers le destin de Fanny les liens entre mère et fille, le couple, la maternité et ce que l’on transmet malgré soi. L’auteure viendra présenter son roman à la librairie Maupetit à Marseille, ce mercredi 23 septembre de 17h30 à 19 heures.

Destimed Isabelle Pandazopoulos © Stephan Gladieu
Isabelle Pandazopoulos © Stéphan Gladieu

Elle s’appelle Fanny Delambre, née Morange. Elle a organisé sa vie avec enthousiasme et conviction. Professeure, elle transmet avec ferveur son goût de la littérature à ses élèves dans un collège, leur faisant découvrir des morceaux de « L’Iliade », de « La Mort du roi Tsongor » de Laurent Gaudé, ou de grands classiques. Avec son mari Guillaume, devenu journaliste pour le plaisir de l’enquête, qui n’avait ni le goût de l’argent ni celui du pouvoir, père de sa fille Bérénice et de son fils Hadrien, qui vivra un certain temps à Aix, elle parlera pêle-mêle « de la métaphysique des mœurs, du degré zéro de l’écriture, des facéties de Genette, de la fonction du parapluie sur le piano dans une description de Flaubert ».

Passionnée par « État des lieux » de Deborah Levy, « L’Art de la joie » de Goliarda Sapienza ou « La Bibliothèque, la nuit » d’Alberto Manguel, elle construit une vie où, finalement, la culture est reine. Ayant toujours eu besoin du silence des bibliothèques, se sentant protégée derrière sa forteresse de papier qui lui permet, quand tout va mal, de retrouver un sens à son existence, Fanny a tout construit grâce à une volonté farouche de vivre dans l’adversité et une certaine tentative d’harmonie.

Un testament qui déclenche un orage

Jusqu’au jour où un coup de fil d’une notaire vient déclencher un orage d’émotions et de bouleversements matériels. Elle apprend en effet que sa mère, Blanche Morange, née Picoche, a laissé avant sa mort un testament que l’on doit lui lire. Fanny se rend à l’étude de Maître Laulhée, située à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, et des torrents de stupéfaction et d’émotions se déversent sur son cœur.

Elle apprend qu’elle a un demi-frère, Christophe Pernès, que sa mère a eu après son remariage, un enfant né en 1988, la même année que la mort de son père, preuve que sa mère l’a trompé. À la mort de son père, justement, Daniel Pernès a procédé à l’adoption simple de Coralie et Clotilde, les sœurs jumelles de Fanny, tout cela lui étant exposé sans ménagement.

Secrets de famille, donc, et nouvelle existence pour Fanny, qui va apprendre à faire avec et à se reconstruire. Les rapports avec sa fille Bérénice étant désastreux, ils sont une sorte de mise en miroir de ceux qu’elle entretenait avec sa propre mère. Le roman oscille d’un morceau d’existence à l’autre. Isabelle Pandazopoulos joue sur la chronologie en donnant beaucoup d’indications de dates, comme l’évocation des 27 ans du fils de Fanny, Hadrien, un certain 20 mai. D’autres sortes de témoins de la vie de Fanny surgissent et, dans une deuxième partie très romanesque, le lecteur ira de surprise en surprise. Renaissance et naissance se succèdent avec des chapitres très émouvants.

« Qu’est-ce qui nous a été donné, et que transmettons-nous en retour ? » Cette question centrale du dispositif romanesque de l’auteure se trouve développée à travers ce portrait en mouvement d’une femme à vif, par lequel on explorera les rouages du couple et de la maternité. La vie émotionnelle, mode d’emploi, en quelque sorte.

Jean-Rémi BARLAND

« Mordre l’orage », d’Isabelle Pandazopoulos, Actes Sud, 317 pages, 22,50 €.

L’auteure viendra présenter et dédicacer son livre à la librairie Maupetit, 142 La Canebière, 13001 Marseille, le mercredi 23 septembre, de 17 h 30 à 19 heures.

Destimed COUV MORDRE LORAGE

 

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