Aix-Marseille Provence. Budget: la série continue, prochain épisode le 15 octobre

Publié le 24 septembre 2026 à 18h42 - Dernière mise à jour le 24 septembre 2026 à 18h42

Nicolas Isnard, le président de la métropole Aix-Marseille-Provence, a invité la presse dans son fief, à Salon-de-Provence, pour évoquer le sempiternel déficit budgétaire de la collectivité. Après le revers du rejet du budget modificatif le 10 septembre dernier, l’adepte de l’œcuménisme voulait rebondir en proposant un compromis aux élus. « Les communes vont garder leur DSC et leurs AC mais il faudra racler les fonds de tiroir », annonce le président.

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Nicolas Isnard, maire LR de Salon-de-Provence et président de la métropole Aix-Marseille Provence © Joël Barcy

Un chantier monumental

Garder toutes les aides versées aux communes pour obtenir un compromis lors du vote du prochain budget modificatif le 15 octobre prochain. C’est la solution proposée par le président de la Métropole. Après le revers du 10 septembre dernier, qui a vu le rejet de la décision modificative du budget, il fallait sortir de l’ornière sous peine de s’embourber. « On maintient tout, la DSC (dotation de solidarité communautaire) et les AC (attributions de compensation) à leur niveau maximum », annonce le président. L’objectif est de stopper les chicayas entre ces deux dotations. «On n’a plus le choix. Les communes ont besoin des deux pour équilibrer leur budget », insiste Nicolas Isnard même si son option était d’amputer la DSC de 53 millions pour combler le déficit budgétaire.

Quadrature du cercle

La Métropole maintient toutes les aides aux communes mais il reste toujours 53 millions d’euros à trouver pour parvenir à l’équilibre.  « Il va falloir aller plus loin en matière d’économies, gratter tous les fonds de tiroir, ajouter de l’effort à l’effort » -91 millions d’euros d’économies ont déjà été réalisés-, signale Nicolas Isnard qui énumère:  « On a déjà libéré des locaux, restitué des véhicules, supprimé le magazine de la Métropole. On va continuer en repoussant des acquisitions foncières, en demandant à l’État de reporter le remboursement des avances Covid. On va décaler des remboursements d’emprunts, réviser des amortissements. C’est une trajectoire financière complexe. » L’objectif est de trouver dans l’urgence les fameux 53 millions d’euros d’ici le vote et de présenter une copie du budget équilibrée afin d’éviter que le préfet ne la transmette à la Chambre régionale des comptes. Il a jusqu’au 16 octobre pour le faire. Ça tombe bien, c’est le lendemain du vote…

Exit la gratuité des transports

C’est bien connu, ce qui grève le budget de la Métropole, ce sont les transports. Alors les mesures vont tomber… avec anticipation. « Le vote du 10 septembre nous a imposé d’accélérer. On va mettre fin le plus tôt possible à la gratuité des transports pour certaines populations et dans les communes qui la pratiquent (une dizaine sur 92) », annonce le président. « On doit avoir une même politique sur l’ensemble du territoire de la Métropole. Plus aucune gratuité mais une tarification sociale pour les moins fortunés, ce qui est beaucoup plus légitime. Il faut de la justice. L’idée est de gagner entre 1 et 2 millions par mois grâce à ces mesures et aussi de réviser les tarifs de la RTM qui n’ont pas évolué depuis 2017. »

David Ytier, le responsable des finances à la Métropole, souhaiterait que tout soit opérationnel fin octobre. « On voudrait pouvoir bénéficier de ces recettes supplémentaires pour les deux derniers mois de l’année. » Mais cela semble très optimiste.

Fin des exonérations

Les entreprises vont aussi être mises à contribution. Elles bénéficiaient d’une exonération de CFE (Cotisation foncière des entreprises) sur une période de trois ans lors d’une installation depuis la période Covid. « On était la dernière métropole à encore pratiquer cette exonération, or si vous connaissez une entreprise qui s’est installée pour cette raison depuis le Covid, faites-le-moi savoir. On ne vient pas s’installer ici parce qu’on a une exonération de CFE pendant trois ans ! », glisse Nicolas Isnard.

Par ailleurs, la CFE va être harmonisée. « 50 000 entreprises vont la voir augmenter et pour 70 000, elle baissera », ajoute le président. Ces prochaines semaines, les ordinateurs vont encore tourner pour grappiller ce qui peut l’être. « Toutes les pistes sont envisagées, on fera des petites économies ici et des petites recettes là. » Pour montrer l’exemple, Nicolas Isnard  indique qu’il n’y aura pas de stand Métropole au Salon des maires qui s’ouvre à Salon-de-Provence demain. « Nous sommes dans le même stand que le Département. Économie : 10 000 euros. »

Une étape franchie

Une étape semble franchie, mais le déséquilibre initial atteignait 144 millions d’euros. Après 91 millions d’euros d’économies déjà identifiés, il reste encore 53 millions à trouver. La somme est énorme pour la Métropole et elle ne se trouvera pas sans casser des œufs. Des associations vont se retrouver à l’os, des projets vont être reportés, des emprunts aussi. 2026 devrait finalement être bouclée au prix d’importants sacrifices mais quid de 2027 ? On voit mal comment le contribuable ne sera pas mis à contribution. Il aura gagné une année !

Joël BARCY

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