Marseille. Des centaines de musiciens et chanteurs animent et protègent les manifestations

Publié le 8 novembre 2026 à 11h06 - Dernière mise à jour le 8 novembre 2026 à 11h06

Ils sont des centaines de musiciens et chanteurs à se relayer et à donner le La dans les manifestations marseillaises. Un cri de ralliement lancé par l’orchestre du Nouveau Monde à Paris. L’idée de l’association parisienne est de mettre l’art au service des luttes sociales. À Marseille, la mayonnaise a tout de suite pris.

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À Marseille, les instruments se lèvent et la musique prend toute sa place dans la manifestation. Une autre manière de faire entendre la colère, au rythme de la fraternité. (Photo Joël Barcy)

Des centaines de candidats

Le 17 octobre, les 400 musiciens de l’orchestre du Nouveau Monde avaient mené leur concert sous les gaz lacrymogènes et avaient dû se replier. Dans la foulée, l’association a lancé un appel national à toutes celles et ceux qui font vivre la musique. Une vingtaine d’orchestres se sont constitués en France. À Marseille, l’appel a été entendu et les candidats se sont multipliés. « Notre groupe WhatsApp est tout de suite monté à plus de mille avec des demandes en tout genre. Des musiciens pros, amateurs, des jeunes, des moins jeunes, des chanteurs, des instrumentistes. On est ouvert à tout le monde, insiste Frédéric Isoletto, chef d’orchestre au conservatoire Pierre Barbizet. C’est un orchestre populaire, la musique, ça parle à tout le monde, ça se partage, ça crée une fraternité qu’on n’a plus aujourd’hui. »

Barrière de protection

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(Photo Joël Barcy)

La musique transforme la colère en joie. L’art est dans la rue au service des luttes sociales et il sert de cocon aux manifestants. « À part le 17 octobre à Paris, on n’ose pas trop attaquer ou gazer un orchestre, constate Chloé Delacroix, qui s’est tout de suite mobilisée pour l’orchestre. Donc c’est aussi une manière de protéger la foule, de protéger les rassemblements, de partager la culture, de partager des gens révolutionnaires. »

Un répertoire varié

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(Photo Joël Barcy)

Le répertoire est varié, il appelle à la révolution, dénonce le fascisme, la violence policière et mobilise toutes les générations. « Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, j’ai 76 ans, confie Claire, retraitée. Et comme on a l’âge de ses idées et pas de ses artères, je viens ici pour mes enfants, mes petits-enfants et pour les gens que je ne connais pas, un peu plus de justice, un meilleur partage. » Geneviève est aussi retraitée. Elle manifeste « pour le pouvoir d’achat, pour la répression qui est insupportable dans ce qui est normalement une démocratie. Y’a rien qui va, le pognon il va aux riches et les jeunes ils n’ont même pas de conditions décentes pour apprendre, ça ne va pas ça. »

Fraternité

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(Photo Joël Barcy)

Fraternité, c’est le terme qui traverse cette foule très hétéroclite. Mais elle sait pourquoi elle est là, à l’image de ces deux sœurs. « On a fait toutes les manifs, clame Claire, et on est avec les jeunes, on est solidaires. » « Les manifs, ce n’est pas que de la casse, c’est aussi une émulsion de tout le monde pour arriver à changer cette société qui ne va pas du tout en ce moment », renchérit Christine.

Ambiance réconfortante

La colère est présente, mais l’ambiance au cœur de la manifestation l’apaise, même si les revendications sont toujours là. Édouard estime que « Ça fait beaucoup de bien d’être là et de voir qu’on n’est pas tout seuls et que ces manifestations continuent pour le pouvoir d’achat, une redistribution des richesses plus équitable. » Salomé se bat « contre la vie chère, les conditions d’études, la violence policières et les restrictions à manifester ».

Des milliers dans la rue

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(Photo Joël Barcy)
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(Photo Joël Barcy)

Pas d’intersyndicale à l’initiative de cette mobilisation, pourtant ils étaient encore plusieurs milliers à défiler entre les Réformés et la Porte d’Aix. Et la musique a donné des ailes aux manifestants. Elle a montré que la lutte peut être belle et puissante.

Reportage Joël BARCY

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