Paris-Théâtre. Comédie Bastille – « Napo », une comédie sur la soif du pouvoir et la nécessité de la démocratie

Publié le 8 novembre 2026 à 21h10 - Dernière mise à jour le 8 novembre 2026 à 21h10

2027. Napoléon Ier, le candidat que personne n’a vu venir ! Éric Delcourt incarne Napoléon Bonaparte qui se réveille après « Waterloo » dans la France d’aujourd’hui. Rires assurés.

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« Napo » (Photo Stéphane Parphot)

Waterloo, 1815. Napoléon Bonaparte est en pleine bataille quand une explosion détonne à ses pieds. Il se réveille en 2026 dans une France en pleine crise. Il en est persuadé, il est le seul à pouvoir redresser le pays. Il s’entoure donc d’une équipe de choc et part en campagne pour devenir le prochain président de la République française. Ainsi peut-on résumer la pièce « Napo » de Tony Zannier et Éric Delcourt, ce dernier incarnant un Napoléon Ier face aux gilets jaunes et aux forces de l’ordre, d’abord dubitatives et incrédules, qui voient d’un très mauvais œil que l’Empereur revenu de l’enfer remette… de l’ordre justement dans un pays fracturé et en proie aux conflits sociaux et politiques de toutes sortes.

Napoléon, pour mener sa campagne à bon port, s’est muni d’un iPhone, jouera à la console vidéo et surtout interpelle ses interlocuteurs en employant, entre deux anathèmes d’hier, un langage d’aujourd’hui. Interloqué par la présence de cette tour Eiffel qu’il juge immonde, par le fait qu’il n’y a plus à Paris de rois ni d’empereurs, mais des présidents élus démocratiquement, il pète littéralement les plombs et se fait presque menaçant. Avec pour seuls objectifs de remettre de l’ordre et surtout, bien qu’on lui ait dit qu’ils ne sont plus nos ennemis, d’anéantir les Anglais. « Vous êtes réac, macho, misogyne », lui lancera une interlocutrice ulcérée. Loin de s’en formaliser, Napo fonce, fait en quelque sorte un mea culpa de circonstance et servira son pays autant que ses intérêts.

Gilets jaunes, commissariat et asile

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« Napo » (Photo Stéphane Parphot)

Après quelques péripéties le conduisant d’une manifestation des gilets jaunes au commissariat puis à l’asile, Bonaparte déboule chez trois jeunes gens : la dynamique Sarah, Léo, son « frère » black, et un jeune avocat fort en gueule du nom de Stan Lagerfeld.

Après « La Sœur du Grec » et «Hors piste », c’est la nouvelle comédie d’Éric Delcourt et c’est un régal. La mise en scène de Romain Thunin, offrant des scènes courtes, demeure enlevée et permet aux interprètes de nous amuser d’un bout à l’autre. Aux côtés d’Éric Delcourt, truculent Napo, on trouve Lucie Bernardoni ou Jeanne Pajon (en alternance), Boubacar Kabo et Solay, tous jouant avec un bel esprit de troupe. Bien que drôle et déjantée, avec des répliques du style « Vous qui arrivez du XVIIIe siècle, il était déjà connu, Michel Drucker ? », la pièce est aussi une réflexion ironique sur la soif de pouvoir absolu et la nécessité de voir triompher en tous lieux la démocratie. Ça fait du bien et on en redemande !!!!

Jean-Rémi BARLAND

« Napo » à la Comédie Bastille – 5, rue Nicolas-Appert – 75011 Paris. Jeudi à 21 h, vendredi à 19 h, samedi à 21 h et dimanche à 15 h. Jusqu’au 3 janvier 2027. Réservations au 01 48 07 52 07 ou sur  comedie-bastille.com

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