Publié le 19 mai 2026 à 12h29 - Dernière mise à jour le 19 mai 2026 à 12h29
La Biennale d’Aix poursuit son dialogue artistique avec l’Italie en consacrant une grande exposition à Marino Parisotto, figure majeure de la photographie de mode des années 1990 et du début des années 2000. Du 13 juin au 31 juillet, plus de cinquante œuvres du photographe italien seront présentées à La Manufacture, à Aix-en-Provence, dans le cadre de la première grande rétrospective française dédiée à son travail.

Conçue par l’Archivio Marino Parisotto et les curatrices Florence Verrier, de la galerie Parallax, et Simona Amelotti, l’exposition investira un espace de 350 m² autour de plusieurs thématiques : photographie de mode italienne, portraits, techniques de shooting et représentation de la figure féminine.
Une figure emblématique de la photographie de mode

Né à Toronto de parents italiens avant de grandir à Milan, Marino Parisotto s’impose progressivement comme l’un des grands noms de la photographie de mode internationale. Travaillant principalement en noir et blanc, il développe un univers immédiatement identifiable, mêlant sensualité, esthétique cinématographique et tension dramatique. Au fil de sa carrière, il collabore avec certaines des plus grandes maisons de mode et de luxe : Armani, Givenchy, La Perla, Wolford, Swarovski ou encore Baccarat. Il photographie également de nombreuses personnalités du cinéma et de la mode parmi lesquelles Penelope Cruz, Charlize Theron, Eva Mendes, Hugh Grant ou Laetitia Casta. Son travail a largement contribué à façonner une certaine image du style italien, fondée sur la sobriété, la sensualité et une forte charge symbolique. Le photographe développe un langage visuel où la photographie dépasse la simple représentation pour devenir un véritable objet culturel et émotionnel.
Une réflexion sur la féminité et l’image
L’exposition revient également sur l’une des dimensions centrales de l’œuvre de Marino Parisotto : sa représentation de la femme. Les commissaires de l’exposition évoquent des figures féminines « souveraines », souvent photographiées dans des espaces ouverts, entre lumière, vent et mouvement, loin d’une simple logique de mise en scène commerciale. Le parcours aborde aussi la question du regard porté sur le corps féminin dans la photographie contemporaine, entre hypervisibilité médiatique et mécanismes de contrôle ou de censure.
L’argentique face à l’image numérique

Autre axe fort de l’exposition : le rapport de Marino Parisotto à la photographie argentique. Le photographe revendiquait une pratique fondée sur l’imprévisible, le hasard et les contraintes matérielles du laboratoire, à rebours de la standardisation numérique contemporaine. « La photographie est une vérité cachée, et plus on l’analyse, plus elle échappe à tout contrôle », affirmait-il. Une vision qui traverse l’ensemble de son travail et que l’exposition entend également transmettre à travers une présentation du processus créatif du photographe disparu en 2022. Des rencontres avec des spécialistes de la mode et de la photographie accompagneront l’exposition durant toute sa durée.
Informations pratiques
La mode italienne de Marino Parisotto du 13 juin au 31 juillet 2026 – La Manufacture, 8-10 rue des Allumettes – 13100 Aix-en-Provence- Du mardi au samedi de 13h à 19h – Entrée libre – plus d’info sur biennale-aix.fr



