La chronique cinéma de Jean-Rémi Barland. « Cocorico 2 » : youpi, les revoilà… et c’est plus subtil qu’il n’y paraît

Publié le 5 mai 2026 à 12h36 - Dernière mise à jour le 5 mai 2026 à 12h36

Nous avions quitté, dans « Cocorico », les Bouvier-Sauvage et les Martin après qu’ils eurent enterré la hache de guerre. Les premiers, à la tête d’un domaine viticole prospère ; les seconds, concessionnaires automobiles, avaient fini par accepter l’union de leurs enfants. Les tests ADN, aussi surprenants que révélateurs, avaient déjà ébranlé leurs certitudes sur leurs origines.

Destimed Cocorico 2
Cocorico 2 – avec Didier Bourdon, Marianne Denicourt, Sylvie Testud, Christian Clavier (Photo White and Yellow Films-SND)

Mais une erreur s’était glissée dans les résultats. Et un imprévu de taille surgit : un cousin de Frédéric refait surface, remettant tout en question. Très vite, les deux familles comprennent que leurs ancêtres n’ont pas fini de les surprendre.

Frédéric Bouvier-Sauvage, aristocrate sûr de lui,  interprété par Christian Clavier,  qui se pensait français « à 85 % depuis Louis VI le Gros », et déjà doté d’une origine cherokee, découvre ici une ascendance… turque. L’arrivée du cousin Mehmet, également incarné par Clavier, dans un double rôle qui rappelle « Les Visiteurs », vient bouleverser un équilibre déjà fragile. Du côté des Martin, la situation n’est guère plus limpide.

Une comédie qui vise juste

De gag en gag, de répliques qui font mouche à d’autres plus attendues, le film alterne entre scènes franchement hilarantes et moments plus convenus. L’ensemble est inégal, et la fin apparaît quelque peu en retrait, mais le plaisir, lui, reste intact. Car, mine de rien, « Cocorico 2 » s’éloigne du simple divertissement franchouillard. Derrière l’humour, le film aborde, avec légèreté, le racisme et les préjugés ordinaires. Le réalisateur Julien Hervé signe un scénario plus subtil que ne le laisse penser son point de départ.

Et surtout, il offre à ses interprètes, véritables Stradivarius de cette partition, l’espace pour exprimer toute leur énergie. Christian Clavier et Marianne Denicourt, face à Didier Bourdon et Sylvie Testud, composent un quatuor irrésistible, parfois même inoubliable.

Bien sûr, nous ne sommes ni chez les frères Dardenne, ni chez Chris Marker ou Raymond Depardon. Mais ce long métrage, sans prétention, rappelle avec efficacité que la notion de « Français de pure souche » relève davantage du mythe que de la réalité. Et comme le disait un sage : du plus haut que l’on soit assis, on n’est jamais assis que sur son derrière.

Jean-Rémi BARLAND

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