Publié le 4 novembre 2026 à 19h50 - Dernière mise à jour le 4 novembre 2026 à 19h50
À la veille d’une nouvelle journée nationale de mobilisation intersyndicale, le ministre de l’Intérieur a présenté, ce mercredi 4 novembre, un dispositif de sécurité exceptionnel. Plus de 220 actions sont annoncées à travers la France. Après les violences et les pillages d’octobre, Laurent Nuñez entend garantir le déroulement pacifique des manifestations tout en empêchant de nouveaux débordements. Contrôles préventifs, blindés, drones et unités spécialisées seront mobilisés.

À la veille des manifestations de ce jeudi 5 novembre, Laurent Nuñez a détaillé, lors d’une conférence de presse organisée au ministère de l’Intérieur, les moyens déployés sur l’ensemble du territoire. « Pour cette journée nationale d’action, nous avons une prévision d’un peu plus de 220 actions de voie publique », a annoncé le ministre, précisant que la plupart des manifestations avaient été déclarées. Ces déclarations ont donné lieu à des discussions entre les organisations syndicales et les préfets afin de déterminer des parcours sécurisés, particulièrement dans les villes touchées par les violences du 17 octobre.
Des itinéraires négociés pour éviter les centres-villes
Laurent Nuñez a insisté sur la nécessité d’éviter les secteurs les plus sensibles, notamment les hypercentres des grandes agglomérations. « À date, des accords ont été trouvés dans la quasi-totalité des villes », a-t-il indiqué, tout en précisant que certains désaccords avaient conduit les organisations syndicales à saisir les tribunaux administratifs. À Paris, la question du parcours reste particulièrement sensible. « Nous avons eu une déclaration d’intersyndicale sur un itinéraire qui allait de la Bastille à la Concorde, itinéraire évidemment qui ne nous convient pas compte tenu des risques que cet itinéraire engendre. » Le préfet de police a donc pris un arrêté interdisant ce parcours et autorisant un défilé de République à Nation. Une décision contestée devant la justice administrative au moment de la conférence de presse. Le ministre a également souligné l’importance des services d’ordre syndicaux, dont la présence doit contribuer à prévenir les incidents.
« Faire en sorte que les cortèges se déroulent de manière pacifique »
Avant d’évoquer les risques de violences, Laurent Nuñez a tenu à rappeler que « la mission première des forces de sécurité intérieure demain, sous mon autorité, sous celle des préfets, sera évidemment de faire en sorte que les cortèges se déroulent de manière pacifique et que les manifestations organisées par les intersyndicales puissent aller à leur terme sans aucun débordement. » Il a insisté sur ce point : « Ça, c’est notre mission première et c’est celle qui sera mise en œuvre demain. C’est la mission qui est fixée. »
Trois risques identifiés par les services de renseignement
Le ministre a ensuite détaillé les menaces anticipées pour cette journée de mobilisation. Selon les informations remontées par les services de renseignement, certaines mouvances radicales et violentes pourraient chercher à perturber les cortèges syndicaux. Le premier risque concerne la participation de groupes susceptibles de provoquer des affrontements, notamment par la constitution de groupes violents et l’attaque de commerces ou de bâtiments publics. « Le deuxième risque qui a été clairement identifié, c’est le risque de cortèges sauvages », a poursuivi Laurent Nuñez. Il a précisé qu’il s’agissait de « cortèges qui pourraient se constituer sans avoir été déclarés » et se diriger vers des bâtiments ou des lieux publics. Enfin, il a évoqué un troisième risque « clairement identifié », celui de nouveaux « pillages et de dégradations sur les commerces ou sur des bâtiments publics ». Il a rapproché ces menaces de celles identifiées lors des précédentes journées de mobilisation des 17, 24 et 31 octobre.
70 000 policiers et gendarmes, 110 unités de forces mobiles
Face à ces risques, le gouvernement a décidé de reconduire le dispositif déployé le 31 octobre. « On mobilise à nouveau 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire national », a annoncé Laurent Nuñez. « Le même volume de forces mobiles est également mobilisé pour cette journée sur l’ensemble du territoire national, c’est-à-dire 110 forces mobiles.» Le dispositif comprend également des moyens spécialisés, notamment les blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicoptères, des drones, des équipes cynophiles et équestres ainsi que des unités d’intervention spécialisées. Le ministre a précisé que le dispositif serait comparable à celui du 31 octobre, tant par le nombre d’effectifs mobilisés que par les missions confiées aux forces de l’ordre. Celles-ci devront sécuriser les manifestations déclarées, prévenir la constitution de cortèges sauvages et intervenir en cas de violences ou de tentatives de pillages.
Des contrôles préventifs dans les gares et sur les routes
Le ministre a également annoncé le renforcement des contrôles en amont des rassemblements. Ces opérations seront conduites sur les axes routiers et ferroviaires ainsi que dans les gares, notamment parisiennes, mais également dans l’ensemble du pays. Elles doivent permettre d’identifier les personnes susceptibles de participer à des actions violentes et, le cas échéant, de saisir des armes par destination. « Donc on aura exactement le même dispositif, et évidemment, protection des commerces, protection des bâtiments publics », a résumé Laurent Nuñez.
« La réponse sera d’une extrême fermeté »
En conclusion, le ministre a renouvelé les avertissements formulés avant les précédentes journées de mobilisation. « La réponse, s’il devait y avoir des volontés, des velléités d’exaction, elle sera d’une extrême fermeté. » « Les instructions, poursuit-il, qui ont été passées aux forces de l’ordre, qui vont constituer ce dispositif policier exceptionnel, sont des instructions d’extrême fermeté. » « On ne tolérera pas de débordements, il y aura des interpellations », a-t-il prévenu. Laurent Nuñez a également rappelé les instructions du garde des Sceaux aux parquets concernant les suites judiciaires qui devront être données aux violences éventuellement commises. Mais le ministre a conclu en revenant sur la nécessité de permettre aux organisations syndicales de manifester dans le calme. « Cette journée du 5 est un rendez-vous important pour les organisations syndicales, elle doit se tenir dans le calme…»
Après les violences qui ont marqué les précédentes mobilisations, notamment à Marseille, le gouvernement entend donc prévenir tout nouveau débordement tout en garantissant le droit de manifester.
Patricia CAIRE



