Marseille. Immobilier. Le BRS, un tremplin pour démarrer dans la vie

Publié le 29 octobre 2026 à 22h10 - Dernière mise à jour le 29 octobre 2026 à 22h10

Le BRS, kézako ? Le Bail réel solidaire permet aux primo-accédants d’acheter un bien à un prix accessible. Le principe : vous achetez votre appartement et vous louez le terrain. En moyenne, le logement revient de 30 à 40 % moins cher qu’un logement sur le marché classique. Près de Château-Gombert (13e), 3 immeubles et 55 appartements sont en cours d’achèvement. Rencontre avec les acteurs du projet.

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À Château-Gombert, 55 logements en bail réel solidaire ouvrent la voie à une accession à la propriété plus abordable. (Photo Joël Barcy)

Un produit novateur

Une résidence en cours d’achèvement près de Château-Gombert, dans le 13e arrondissement. Particularité : les 55 logements sont en BRS, entendez bail réel solidaire. Une solution d’accession à la propriété novatrice (elle existe dans la loi depuis 10 ans). Les acquéreurs achètent leur appartement, mais le terrain reste la propriété d’un organisme foncier. Cela permet aux ménages aux moyens modestes d’accéder à la propriété. Ici, le prix au mètre carré est nettement moins élevé. « Si vous prenez un prêt sur 25 ans avec un taux bancaire entre 3,5 et 4 %, le remboursement est de 1 000 euros pour un BRS, au marché libre c’est 1 500 € par mois », résume Lionel Seropian, le directeur général du promoteur Nexity Méditerranée.

Clients et ambassadeurs

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À Marseille, Nexity Méditerranée et Procivis Provence réunis autour du programme Nouvel Orizon, qui mise sur le bail réel solidaire pour faciliter l’accession à la propriété. (Photo Joël Barcy)

Plusieurs acquéreurs étaient présents lors de cette  pose virtuel de la première pierre d’une résidence en voie d’achèvement. Le BRS, ce sont finalement les clients qui en parlent le mieux. Sans les prix attractifs de cette formule, ces primo-accédants n’auraient jamais pu acheter un appartement. « On a eu la curiosité de se dire on va chercher un logement dans le secteur et on va voir ce que ça donne », indique Lorenza Palozzolo, future propriétaire, « et ce n’était clairement pas possible, vraiment impossible. »

Son compagnon Alexis Masralian prend le relais avec enthousiasme. « Il faut au moins entre 100 et 120 000 euros de plus pour acquérir un bien comme le nôtre (un T3) sur le marché classique par rapport au BRS alors que finalement on est dans le même quartier. »

Pour Théo Migne, sans le BRS, il n’aurait pas pu acheter. « On a une explosion des taux actuellement alors la banque ne me prêtait pas pour acheter un petit T2 qui vaut autour de 300 000 euros n’importe où. Là ça a été accepté car c’est à prix réduit. »

Candice Couston et Rémi Occhipinti entreront dans leur appartement fin 2027. Ils se projettent déjà, en compagnie d’un artisan, dans leur cuisine intégrée. Un appartement qu’ils peuvent adapter. « Tout est personnalisable. Si on prend des options comme du carrelage supérieur faut payer un peu plus mais c’est normal. Tout peut être au goût de la cliente. »

Faire preuve de pédagogie

Les promoteurs doivent cependant faire preuve de pédagogie. C’est un changement de culture. En France, le propriétaire est habitué à posséder un bien dans sa globalité. Ici, il loue le terrain autour de 100 € par mois. « Savoir qui est propriétaire du terrain ça importe peu », estime Pierre Le Jeune, le directeur général de Procivis Provence. « Mais la capacité d’être dans son logement, de l’avoir acheté, d’être en capacité de le revendre, de capitaliser plutôt que de payer des loyers tous les mois, ça c’est un véritable argument. »

Pas de spéculation immobilière

En revanche, en cas de revente, la plus-value est encadrée pour éviter la spéculation immobilière. Mais c’est sans doute à ce prix que des primo-accédants pourront acheter un bien. Dans cette résidence, 50 logements sur 55 ont déjà un propriétaire. À ce stade d’achèvement, il en reste en général encore 20 à 30 % à commercialiser. Environ 400 logements en BRS sont en train de sortir de terre à Marseille.

Reportage Joël BARCY

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