Publié le 8 juillet 2026 à 22h14 - Dernière mise à jour le 8 juillet 2026 à 22h14
Quatre ans après son ouverture, la réplique de la grotte Cosquer confirme son succès avec deux millions de visiteurs accueillis. Pour marquer cette étape symbolique, le site marseillais enrichit son parcours en mettant davantage en lumière l’histoire de sa découverte, l’archéologie sous-marine et l’émotion vécue par le plongeur Henri Cosquer lors de son exploration de la cavité ornée.

Un pass à vie

Elle est ravie. Aurélie Midani a gagné le gros lot : un pass à vie pour visiter la grotte. Une récompense réservée à la deux millionième visiteuse. La Marignanaise est venue avec ses deux enfants et compte bien en profiter. « On n’est pas très loin, alors on va vraiment pouvoir en profiter, ça va être super. Je trouve que c’est hyper intéressant. C’est simple, c’est ludique pour les enfants et c’est vraiment un super musée pour Marseille. »
Parcours enrichi

Pour fêter son quatrième anniversaire, la grotte Cosquer enrichit son parcours de visite. Fini la plongée directe dans la grotte : place à une recontextualisation, réclamée par le public, autour de la plongée, de l’archéologie sous-marine et de la découverte de la grotte par le plongeur Henri Cosquer, en 1985. Un film retrace également l’évolution du site depuis 30 000 ans, à une époque où la Méditerranée se situait à une vingtaine de kilomètres de l’île du Planier. Il explique comment nos ancêtres ont réalisé cet art pariétal avant que la remontée des eaux ne submerge partiellement la grotte.
Séquence émotion
Autre nouveauté : les casques audio. Henri Cosquer y raconte l’émotion qu’il a ressentie lors de sa découverte de la grotte. Le plongeur évoque ses surprises, ses appréhensions et son enthousiasme lorsqu’il découvre l’art pariétal qui tapisse les parois. « C’est difficile à faire ressentir, mais je pense avoir fait le maximum pour transmettre tout ce qui s’est passé. Ce n’est pas un endroit où l’on arrive en voiture, où l’on se gare et où l’on descend simplement. On ressent une véritable émotion et l’on se pose une multitude de questions face aux peintures de nos ancêtres : pourquoi les ont-ils réalisées ? »
Vitesse de croisière
Après avoir enregistré 800 000 visiteurs la première année, la grotte Cosquer a atteint sa vitesse de croisière avec, en moyenne, 400 000 visiteurs par an, dont des milliers de scolaires. « Nous avons des journées où nous accueillons jusqu’à 700 scolaires, explique Geneviève Rossillon, présidente du groupe Kléber-Rossillon, créateur de la grotte. Nos médiateurs les accompagnent lors de visites guidées et leur proposent des ateliers. C’est le futur pour nous. Cela démontre qu’il y a encore beaucoup de choses à partager. »
Bon point pour la Région
La Région a finalement réussi à transformer du plomb en or. Le bâtiment qui abrite aujourd’hui la grotte, longtemps quasi inoccupé, pesait lourdement sur les finances de la collectivité. Avec la restitution de Cosquer, elle a fait d’une pierre deux coups. « C’est un moment très émouvant et important, car c’est le fruit d’un choix politique qui a été difficile à faire, commente Renaud Muselier. On avait, d’un côté, un bâtiment dont on ne faisait rien et, de l’autre, une grotte qui allait être totalement inondée et disparaître. Il fallait trouver une solution. » Deux problématiques auxquelles la restitution de la grotte Cosquer dans l’ancienne Villa Méditerranée a permis d’apporter une réponse. Il faudra toutefois continuer à se réinventer pour maintenir l’attractivité de l’unique réplique au monde d’une grotte sous-marine ornée.
Reportage Joël BARCY
Plus d’info: grotte-cosquer.com



