Publié le 8 juin 2026 à 22h08 - Dernière mise à jour le 8 juin 2026 à 22h08
Un seul sujet à l’ordre du jour du conseil municipal de Marseille en début de week-end dernier : la désignation des 1 070 grands électeurs supplémentaires de Marseille qui voteront aux sénatoriales auxquels s’ajoutent les 111 conseillers municipaux, électeurs de plein droit, soit 1 181 grands électeurs au total pour la cité phocéenne.

Un mois de travail
La désignation des grands électeurs pour les sénatoriales est pesée au trébuchet car c’est un honneur d’être grand électeur. Au-delà, l’ensemble est un gros travail administratif, « il faut vérifier les identités, l’inscription sur les listes électorales, la parité homme/femme, assure Arnaud Drouot, adjoint au maire (PS), cela nous a pris plusieurs semaines. Les gens sont plutôt contents et honorés de représenter la ville de Marseille et d’aller voter à cette élection au suffrage indirect qui est assez méconnue des citoyens. »
3 600 dans le département

La ville pèse près du tiers des grands électeurs du département, estimés autour de 3 650. Au regard de la composition de l’hémicycle, c’est le groupe majoritaire du Printemps marseillais qui en a remporté le plus : 704 délégués seront mandatés pour voter en préfecture. Parmi eux, en tête de liste, on retrouve l’ensemble des 178 conseillers d’arrondissements puis les 526 autres grands électeurs proposés par les conseillers municipaux eux-mêmes ou suggérés par le premier magistrat de la ville. Au total, la gauche comptera 777 grands électeurs (délégués et conseillers municipaux). Plus forte qu’en 2020, elle vise quatre sièges de sénateur sur les huit en jeu dans le département.
Rififi à l’extrême droite
Le groupe RN-UDR obtient 328 délégués auxquels s’ajoutent les 34 élus du conseil municipal. De quoi espérer un voire deux sièges. Mais la déclaration de candidature du sénateur sortant, Stéphane Ravier (ex-RN, ex-Reconquête), la veille de la désignation des grands électeurs pourrait contrecarrer ce plan. Une candidature dissidente surprenante alors qu’un accord de non-agression avait été trouvé lors des municipales. Franck Allisio, battu lors des municipales marseillaises, la joue fair-play. « C’est une liste concurrente, il a toujours été convenu avec Stéphane Ravier qu’il irait en indépendant, et que nous aurions, nous, une liste RN-UDR. A partir de là chacun va défendre ses couleurs. » Mais pas sûr que les uns ou les autres ne perdent pas de plumes dans cette rivalité. La droite et le centre, avec un très faible contingent d’élus (seulement 4) désignent 38 délégués.
Amende
Rendez-vous le 27 septembre pour cette élection sénatoriale qui se déroulera en préfecture. Ce système de grands électeurs semble d’un autre temps, mais rappelons-nous qu’avant 1962, le président de la République était élu via le même système indirect. Attention, c’est un vote obligatoire qui entraîne une amende modique (150 euros) pour les grands électeurs qui ne se rendraient pas aux urnes le jour du vote.
Reportage Joël BARCY



