Publié le 7 avril 2026 à 8h10 - Dernière mise à jour le 7 avril 2026 à 8h10
À la veille de l’élection de son successeur, Martine Vassal a choisi de livrer une déclaration de fin de mandat, revenant sur huit années à la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Un exercice de bilan qui intervient dans un contexte politique marqué par un renouvellement des équilibres et l’émergence d’une nouvelle gouvernance.

« Pendant huit ans, j’ai eu l’honneur de présider la Métropole Aix-Marseille-Provence », affirme-t-elle en ouverture. Une formule attendue, qui introduit un propos structuré autour d’une conviction clairement affichée : celle d’avoir « tenu les engagements pris ». Dans cette prise de parole, la présidente sortante s’attache à installer une lecture cohérente de son mandat, mettant en avant la continuité de l’action et les choix opérés. « Je mesure la responsabilité qui m’a été confiée et je la quitte aujourd’hui avec la conviction d’avoir tenu les engagements pris », insiste-t-elle, évoquant « des décisions courageuses » et « le travail collectif accompli ».
Une rigueur financière érigée en fil conducteur
Au cœur de son argumentaire, Martine Vassal place la question financière, présentée comme le socle de l’action menée. « Le défi était de remettre de l’ordre dans les finances pour pouvoir agir durablement », rappelle-t-elle, revendiquant une ligne fondée sur « l’action, le sérieux et la responsabilité ». La réduction de la dette, la consolidation budgétaire et le maintien d’un niveau élevé d’investissement, y compris dans un contexte marqué par la crise sanitaire, sont avancés comme les marqueurs principaux du mandat. Une lecture qui met en avant la stabilisation de l’institution et sa capacité retrouvée à investir. Ce cadrage financier, central dans le discours, tend toutefois à concentrer l’évaluation du mandat sur les équilibres budgétaires, laissant en creux la question de la perception concrète de ces politiques à l’échelle des territoires.
Marseille, pivot et ligne de tension
Dans cette relecture, la place de Marseille apparaît incontournable. Ville-centre et point de cristallisation des enjeux métropolitains, elle a bénéficié d’un accompagnement spécifique, notamment dans le cadre du plan Marseille en Grand. Martine Vassal insiste sur le respect des engagements : « Les opérations prévues ont été livrées dans les délais » et « les partenariats avec l’État ont été honorés ». Elle appelle à la poursuite de cette dynamique, en particulier sur les transports, enjeu structurant pour les habitants.
Au-delà des réalisations visibles, elle met en exergue des décisions structurantes, qu’il s’agisse des mobilités, de la lutte contre l’habitat indigne ou encore de la transition écologique. « Chaque projet réalisé n’est pas seulement une ligne budgétaire : c’est un service rendu », affirme-t-elle. Une approche qui souligne la volonté d’inscrire l’action métropolitaine dans le temps long, même si ses effets demeurent inégalement perçus selon les territoires et les attentes des habitants.
Un mandat revendiqué, dans un contexte contraint
La présidente sortante ne masque pas les difficultés à venir. Elle évoque un contexte « exigeant », marqué par les contraintes budgétaires, la hausse des coûts de fonctionnement et la nécessité de maintenir un haut niveau de solidarité envers les communes. « Les défis sont réels. Mais les bases sont solides », résume-t-elle. Une formule qui traduit à la fois la volonté de défendre le bilan et celle de poser un cadre pour la suite, alors que la Métropole s’apprête à changer de direction.
Une sortie politique maîtrisée
Au moment de quitter ses fonctions, Martine Vassal insiste sur la dimension collective de son mandat et sur la continuité de l’action publique. « Je quitte cette responsabilité avec émotion, mais avec la sérénité de savoir que le travail accompli est réel, mesurable et utile », déclare-t-elle. Elle appelle également à poursuivre la transformation engagée, « au bénéfice des 1,9 million d’habitants du territoire ». Cette déclaration, qui s’inscrit dans un moment de transition institutionnelle, vise à fixer une lecture du mandat écoulé au moment où une nouvelle séquence politique s’ouvre.
Toujours présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal entend poursuivre son engagement local. « Servir ce territoire est un vrai bonheur et un grand honneur », conclut-elle, avant un mot d’ordre plus offensif : « En avant pour le 13 ! »
Patricia CAIRE



