Publié le 3 mai 2026 à 9h53 - Dernière mise à jour le 3 mai 2026 à 9h56
Trésor du musée du Louvre et symbole d’Arles depuis l’Antiquité, la Vénus arlésienne est de retour dans sa ville d’origine pour une exposition de six mois. Entre héritage antique et réinterprétations contemporaines, « Le passage de Vénus » explore les multiples visages d’une figure qui n’a jamais cessé de fasciner.

Elle est l’emblème d’Arles depuis plus de 20 siècles et fait partie des trésors du musée du Louvre. Comme la planète Vénus, elle passe et repasse. Exposée en 2013 elle revient, en majesté, nourrir une exposition intitulée « Le passage de Vénus ». Une dizaine d’œuvres contemporaines l’entourent, dialoguent avec cette Aphrodite/Vénus révélant ses métamorphoses au cours des siècles.
Grecque puis Romaine
Fabriquée à l’époque romaine, vers 40 avant Jésus-Christ, Vénus décorait le théâtre antique d’Arles. Elle possède les canons grecs d’une grande sœur, Aphrodite, réalisée 4 siècles plus tôt par Praxitèle. Pour nous, Venus représente la beauté, mais à l’époque antique son corps n’est pas un décor mais un instrument divin. « La beauté n’est pas gratuite chez Vénus c’est l’instrument de son pouvoir, explique Ludovic Laugier, conservateur en chef du patrimoine, spécialiste de la culture grecque, au musée du Louvre et co-commissaire de l’exposition. C’est par la beauté de son regard, c’est par la beauté de son corps qu’elle provoque les amours, la guerre de Troie mais plus fondamentalement le cycle des générations. C’est une divinité très puissante pour les Grecs et quand un mortel se trouvait face à Vénus dans la littérature il devait détourner les yeux sinon il était foudroyé. »
Réapparue en 1651
Les fragments de Vénus ont été découverts au XVII siècle lors du creusement d’un puits dans les vestiges du théâtre. Restaurée, Arles a fait don de la statue au roi soleil. Mais Louis XIV ne voulait pas d’une Vénus arlésienne amputée comme s’exposera plus tard la Vénus de Milo. Il a demandé à François Girardon d’ajouté les bras et deux attributs dans les mains. Vénus rejoint alors la galerie des glaces à Versailles. Elle revêt un poids politique et culturel. « A chaque période il y a une Vénus qui apparaît, précise Jean De Loisy, directeur de la fondation van Gogh et co-commissaire de l’exposition. On a la Vénus antique, la Vénus politique, la Vénus culturelle. Elle a encore un rôle incroyable dans notre société, elle est toujours la déesse de l’amour, toujours on s’identifie à elle et toujours on lui demande de poursuivre nos vies sous ses auspices favorables. »
Vénus inspire

Autour de Vénus en majesté, des artistes contemporains prolongent l’aura sacrée de la déesse. Andy Warhol la transforme en icone pop. Nikki de Saint Phalle magnifie un corps fertile et généreux. Pistoletto démontre qu’une beauté peut naître du recyclage. Vénus inspire. « Tout le monde parle de Vénus et sait qui est Vénus, souligne Romy Wyche, la directrice du musée Arles Antique et co-commissaire de l’exposition. C’est un personnage qui fait partie de nos canons contemporains et c’est ce lien là que l’on a voulu mettre en avant et montrer que même si on en entend beaucoup parler on la connaît finalement assez mal. »
Espace de connaissance
Pour mieux découvrir cette déesse, il faut se diriger à l’étage vers le boudoir de Vénus. C’est un espace original avec des archives et des images animées. Vénus se veut contemporaine. Une IA conversationnelle permet de l’interroger et de dialoguer avec elle. Et pour mieux vous rapprocher de Vénus vous pourrez lui écrire un message.
Reportage Joël BARCY
Exposition jusqu’au 31 octobre 2026 – Musée départemental Arles antique – Presqu’île du Cirque Romain, 13200 Arles – Une exposition en coproduction avec le musée du Louvre.



