Publié le 17 juin 2026 à 8h05 - Dernière mise à jour le 17 juin 2026 à 8h05
La conférence de presse post-réunion du conseil d’administration (CA) devait rendre compte de l’audit demandé par la présidente de la RTM. Mais Samia Ghali en a profité pour dénoncer l’effort financier demandé par la Chambre régionale des comptes (CRC) et le préfet à l’opérateur des transports (25 millions d’euros). Le CA a acté de faire une croix sur 5,7 millions d’euros de la Métropole. Loin du compte.

« Je suis cash »
D’entrée de jeu, Samia Ghali revendique la transparence. La présidente se veut cash et révèle l’ensemble du contenu de l’audit qu’elle a commandé. Si elle souligne les performances du réseau avec ses 60 millions de kilomètres parcourus chaque année et ses 150 millions de voyageurs transportés, elle pointe aussi les faiblesses accumulées au fil des années. « Parfois, une centaine de bus sont en panne et les chauffeurs sont payés à ne rien faire », déplore-t-elle. Elle évoque également un matériel vieillissant dans le métro, des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées et une billettique jugée obsolète. À cela s’ajoute une fraude massive : près d’un quart des voyages seraient effectués sans titre de transport, pour un manque à gagner estimé à 24 millions d’euros par an. Seul un million d’euros d’amendes est récupéré
« On ne me marchera pas sur les pieds »
C’est dans ce contexte que la Chambre régionale des comptes, suivie par le préfet, demande de se serrer la ceinture. La RTM doit faire une croix sur 25 millions d’euros de la Métropole, soit 3,5% de son budget. La présidente voit rouge. « C’est sur nous que repose la globalité des efforts qui sont demandés en matière de transports, je ne l’accepte pas. On ne va pas crever les roues de la RTM, je le dis. La RTM a besoin de toutes ses roues pour fonctionner. Je ne me laisserais pas marcher sur les pieds. » Mais, pour montrer sa bonne volonté, la présidente a validé un manque à gagner exceptionnel de 5,7 millions d’euros en provenance de la Métropole. Mais il manque 19 millions d’euros dans la balance. Samia Ghali estime que « les opérateurs privés, qui pèsent 41% du budget transports, doivent aussi être mis à contribution pour combler le déficit. »
Tarification à revoir
Attendez-vous à une hausse de la tarification à l’avenir. « On a les tarifs les moins chers de France, relève Samia Ghali. On peut demander un effort aux voyageurs pour se retrouver dans la moyenne. » Et la gratuité pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans ? « C’est à la Métropole de décider mais on a mis en œuvre un choix politique sans compensations. Cette mesure coûte 10 millions d’euros. » Cette gratuité devrait donc durer le temps d’un printemps. Elle est dénoncée par la CRC et la présidente de la RTM ne la cautionne pas. « Aujourd’hui une personne qui gagne bien sa vie et qui peut payer son transport a-t-elle besoin d’une gratuité ? Que l’on ait 65 ans ou 11 ans ce n’est pas cela qui compte c’est qui peut payer et qui ne peut pas payer. La question de la tarification sociale, elle s’impose. » Cette tarification sociale pourrait être mise en place en septembre 2027. Cet été, les moins de 26 ans bénéficieront d’un abonnement à 10 € en juillet et en août. L’idée est de limiter la fraude et de leur permettre de se déplacer pendant les vacances.
Pour les 19 millions d’euros encore à reverser, la présidente de la RTM compte sur une révision de la facture par la Métropole. Ce qui est loin d’être assuré.
Reportage Joël BARCY



