Publié le 10 juin 2026 à 19h54 - Dernière mise à jour le 10 juin 2026 à 19h54
Il est l’un des présidents les mieux élus de France à la tête d’une fédération Les Républicains. A 30 ans, le vice-président de la région a plié le match (71,3% des voix) face à Catherine Pila, élue des 6-8 arrondissements et ancienne présidente de la RTM. « C’est un honneur d’être désigné mais il faut beaucoup d’humilité, aujourd’hui, la tâche est immense », confie le nouveau président.

Encarté à 14 ans
S’il n’a que 30 ans, Ludovic Perney n’est pas un perdreau de l’année en politique. « J’ai 16 ans de militantisme derrière moi, j’ai eu ma première carte à l’UMP à 14 ans », assure le jeune président. Un temps suffisant pour labourer le terrain et rassembler un maximum de suffrages. « Une victoire à ce niveau c’est quand même une surprise, relève Didier Réault, trésorier de la fédération. Mais il a su créer une dynamique, opérer un travail de fond. Il a une garde rapprochée autour de lui, des jeunes qui l’accompagnent depuis des années et deux ou trois cents nouveaux adhérents qui sont venus grossir la fédération récemment.
« J’ai relu la Genèse »
Avant cette élection, Ludovic Perney a relu la Genèse et a retenu cette phrase : «” Il y eut un soir, il y eut un matin et ce fut le premier jour.” Ce premier jour c’est aujourd’hui mais je ne veux pas brûler les étapes, tout est à reconstruire. Il faut rassembler, ouvrir les portes et les fenêtres. J’ai conscience que la tâche qui m’attend est immense. » Malgré ce succès Ludovic Perney ne veux pas jouer l’arriviste. Il ne pensait pas prendre la tête de la fédération en se rasant. « Si on m’avait dit, lorsque j’ai pris ma carte à l’UMP, que je présiderais un jour la fédération départementale je ne l’aurais sans doute pas cru. »
Une page est tournée
La page Gaudin est tournée, une nouvelle génération apparaît à la tête de la fédération des Bouches-du-Rhône. « Beaucoup de jeunes nous accompagnent. Les maires d’Istres, des Pennes-Mirabeau sont dans la barque. Une nouvelle génération est en train d’écrire une nouvelle page, de donner un nouvel élan à cette fédération qui compte 2 343 adhérents. Le temps de la campagne est fini.
Stopper l’érosion
La fédération du 13 a connu des hauts et des bas. Elle fut, à l’époque Sarkozy, la plus puissante de l’hexagone avec plus de 15 000 adhérents pour tomber à 1 500 à sa période d’étiage. Avec plus de 2 300 encartés aujourd’hui, elle demeure sur le podium. Les déçus ou les ambitieux sont partis pour rejoindre l’UDR -comme son ancienne présidente, Laure-Agnès Caradec- ou le RN. La volonté du nouveau président est de reconstruire pas à pas. « Je veux donner un cap pour mon pays, restructurer la fédération et ma famille politique en vue des élections législatives, des départementales et des régionales. »
Pas des héritiers
La nouvelle génération s’enorgueillit de ne pas vivre de la politique. « Nous ne sommes pas des héritiers. Nous avons une activité, moi je suis avocat mais cela n’empêche pas de vouloir mener des combats politiques, clame le président de la fédération. On veut de la clarté, de l’action, du courage. »
Des valeurs
« On veut afficher une droite fière de ses valeurs : Ferme sur le régalien, libérale en matière économique et humaniste », assure Ludovic Perney. Catherine Pila, sa rivale dans cette élection, revendiquait avoir le soutien entier et sans exclusive de Bruno Retailleau pour convaincre les adhérents de voter pour elle. Cela n’a pas suffi. Ludovic Perney reste attaché à la figure de l’ancien ministre de l’Intérieur. « Je suis légitimiste et je veux le succès de la France », affirme-t-il. Mais les turbulences risquent de vite arriver. Face à la pléthore de candidats annoncés pour la présidentielle à droite, il faudra un président de fédération capable de tenir la barre par gros temps.
Joël BARCY



