Publié le 25 juillet 2026 à 14h19 - Dernière mise à jour le 25 juillet 2026 à 14h27
Évacuations par voie maritime au Cap-Ferret, plus de 22 000 hectares partis en fumée, 140 000 personnes contraintes de quitter leur domicile, l’armée mobilisée en renfort… Confrontée à des incendies d’une ampleur exceptionnelle en Gironde et dans les Landes, la France a activé le mécanisme européen de protection civile. En quelques heures, des moyens aériens et des équipes de secours venus de Croatie, du Portugal, de Tchéquie et de Slovaquie rejoignaient le dispositif français.

Dans la nuit du 23 au 24 juillet, les habitants du Cap-Ferret ont été contraints d’évacuer la presqu’île par voie maritime, tandis que le ciel s’embrasait sous l’effet des flammes parties de Saumos. Trois jours plus tard, l’incendie demeure hors de contrôle. Il a déjà ravagé plus de 22 000 hectares et poursuit sa progression vers l’agglomération bordelaise. Face à cette menace, la préfecture de Gironde a ordonné, dans la nuit de vendredi à samedi, l’évacuation préventive de sept nouvelles communes situées aux abords de la métropole : Saint-Médard-en-Jalles, Le Haillan, Saint-Jean-d’Illac, Martignas-sur-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, ainsi que plusieurs secteurs de Mérignac et d’Eysines.
Selon le ministère de l’Intérieur, près de 140 000 personnes ont été évacuées depuis le début des incendies – 110 000 en Gironde et 31 000 dans les Landes –, l’une des plus vastes opérations de ce type jamais menées en France à l’occasion d’un feu de forêt. Face à la progression des flammes aux portes de Bordeaux, Emmanuel Macron a demandé la mobilisation maximale de l’armée en appui de la Sécurité civile, portant de 500 à 1 000 le nombre de militaires engagés sur le terrain. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réuni vendredi soir une cellule interministérielle de crise afin de coordonner la réponse de l’État. À ce stade, la préfecture recense une centaine de bâtiments détruits et 42 pompiers blessés, tous en urgence relative. Pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le sinistre présente les caractéristiques d’un « feu convectif », un phénomène capable de s’auto-alimenter en générant sa propre dynamique, dont il estime l’intensité « jamais vue ».
À Bruxelles, le Centre de coordination de la réaction d’urgence a mobilisé deux Canadair croates, deux Air Tractor portugais et deux hélicoptères lourds Black Hawk, l’un tchèque et l’autre slovaque. Créé en 2001, ce mécanisme permet à un État confronté à une catastrophe dépassant ses capacités de solliciter rapidement une aide coordonnée. Il ne réunit pas seulement les 27 États membres de l’Union : il associe aussi 10 pays partenaires, dont la Norvège, l’Islande, la Serbie, la Turquie, l’Ukraine et la Moldavie.
Sur le plan politique, ces incendies ravivent le débat récurrent sur les moyens aériens de la Sécurité civile et sur l’adaptation des capacités françaises à des feux de plus en plus précoces et destructeurs. Alors que plusieurs responsables politiques réclament depuis plusieurs années un renforcement de la flotte de bombardiers d’eau, la sénatrice LR Françoise Dumont a estimé que les arbitrages budgétaires intervenus sous le gouvernement de Gabriel Attal avaient conduit la Sécurité civile à renoncer à la commande de deux Canadair supplémentaires. Une déclaration qui relance les interrogations sur la capacité de la France à anticiper des incendies dont l’intensité et la fréquence ne cessent de croître sous l’effet du changement climatique.
Au-delà de l’urgence, ces incendies rappellent enfin l’effet aggravant du réchauffement climatique. Sécheresse, températures élevées et baisse de l’humidité des sols allongent et intensifient la saison des feux, dans un contexte où la majorité des départs restent d’origine humaine.
Maxima MOX correspondante Destimed à Bruxelles



