Publié le 26 juillet 2026 à 21h02 - Dernière mise à jour le 26 juillet 2026 à 21h02
Sous la direction de Victor Julien-Laferrière, l’Orchestre Consuelo a offert au Parc de Florans une soirée contrastée, portée par deux interprètes remarquables : la jeune pianiste Arielle Beck et la violoniste Liya Petrova. Deux artistes qui, chacune dans son registre, ont illuminé le festival.

À la tête de l’Orchestre Consuelo, qu’il a fondé en 2021, le violoncelliste et chef d’orchestre Victor Julien-Laferrière, également codirecteur artistique du Festival de La Roque d’Anthéron cette année, avait choisi un programme ambitieux mettant en lumière deux musiciennes de grand talent. La pianiste Arielle Beck, née à Paris en 2009, et la violoniste Liya Petrova, née à Sofia en 1990 et installée à Paris, ont démontré que la virtuosité n’attend ni l’âge ni la notoriété. Leur personnalité musicale s’est parfaitement accordée avec la palette sonore de l’Orchestre Consuelo.
La soirée s’ouvrait avec la Symphonie n° 3 de Brahms. Malgré quelques déséquilibres de cadence, cette première partie peinait à trouver toute son ampleur. Le concert allait toutefois changer de dimension avec l’entrée en scène des deux solistes.
Arielle Beck, une maturité déjà impressionnante

Le Concerto pour piano en la mineur d’Edvard Grieg demeure l’une des œuvres les plus populaires du répertoire romantique. Arielle Beck en a livré une interprétation d’une étonnante maturité. Sans chercher l’effet, la jeune pianiste a privilégié la musicalité et la poésie. Soutenue par un orchestre particulièrement attentif à son jeu, elle a trouvé dans l’Adagio un équilibre délicat entre sensibilité et profondeur, avant de déployer une virtuosité parfaitement maîtrisée dans les mouvements plus brillants.
Le public ne s’y est pas trompé. Les rappels -la Paraphrase de concert sur la Marche nuptiale de Mendelssohn par Franz Liszt puis La Chanson du gondolier, extraite des Romances sans paroles de Mendelssohn- ont confirmé l’enthousiasme suscité par cette jeune artiste dont les débuts à La Roque d’Anthéron resteront l’un des temps forts de cette édition.
Liya Petrova, l’élégance au service de Sibelius

La seconde partie était consacrée au Concerto pour violon de Jean Sibelius, sommet du répertoire romantique. Liya Petrova en a proposé une lecture d’une grande élégance, privilégiant l’intériorité à la démonstration virtuose. Son violon, à la fois raffiné et lumineux, donnait toute sa profondeur à une œuvre où chaque phrase semble naître d’une émotion contenue. Victor Julien-Laferrière accompagnait cette lecture avec précision, laissant toute la place à la soliste, dont l’intensité s’imposait particulièrement dans le final Allegro ma non troppo, servi par une remarquable richesse de couleurs. En bis, Liya Petrova surprenait encore le public avec une interprétation pleine d’énergie de Funk the String, d’Aleksey Igudesman, concluant la soirée sur une note aussi brillante que jubilatoire.
Au terme de ce concert, si l’Orchestre Consuelo confirmait ses ambitions, ce sont surtout Arielle Beck et Liya Petrova qui auront marqué les esprits. Deux personnalités musicales différentes, mais un même talent pour transformer une partition en émotion partagée.
Jean-Rémi BARLAND



