Publié le 10 septembre 2026 à 7h12 - Dernière mise à jour le 10 septembre 2026 à 7h12
Vendanges quasiment terminées pour certains, en cours pour d’autres : les vignerons membres de l’association Rouge Provence se sont retrouvés lundi en fin de journée au Château de Beaupré à Saint-Cannat (13) pour livrer et presser les raisins qui serviront à confectionner la cuvée solidaire annuelle.

Après deux saisons passées entre les murs de la cave du Domaine des Béates, la cuvée solidaire est à nouveau pressée et vinifiée au Château de Beaupré, chez Phanette Double en bordure de Nationale 7 à Saint-Cannat. C’est donc là que les adhérents de l’association ont apporté leurs raisins afin de réaliser la cuvée « Plaisir solidaire 2026 » commercialisée en magnum tous les ans et dont le produit de la vente sert à aider, en cas de besoin, un ou plusieurs domaines touchés par les intempéries, une casse matérielle ou tout autre accident pouvant mettre en péril une récolte et l’intégrité économique de l’entreprise.
Nous avons eu l’occasion de vous expliquer le mode de fonctionnement de « Rouge Provence » qui a vu le jour en 2012 à la suite d’un épisode de grêle assassin du côté du Château de Roquefort.
Quelque 3 500 kilos…

Pour la quinzième année consécutive des centaines de kilos, 3 500 exactement, de raisins des différents cépages de rouge cultivés en Provence ont été pressés. Issus de parcelles positionnées au cœur des appellations, ces raisins permettront d’élaborer la fameuse cuvée commercialisée en vin de France. Une récente dégustation de différents millésimes a permis de constater la belle évolution de cette cuvée au fil des ans et l’intérêt gustatif et aromatique qu’elle propose sachant que s’ils mûrissent en Provence, les raisins issus de cépages différents ont des pourcentages différents chaque année, ce qui procure à chaque millésime une personnalité unique.
Une vinification attentive
Cette soirée, qui bénéficiait des talents du chef Mickaël Féval pour la partie gourmande (divins pâtés en croûte, risotto d’anthologie et baba somptueux) et du sourire de son épouse Olivia pour l’accueil et le service, a permis aux membres de l’association de faire un point sur les vendanges. « Une année particulière, nous confiaient-ils, avec des maturations hétérogènes et, souvent, de la vivacité et un taux de sucre moins important que ce que l’on pouvait attendre. » Cette année encore, pour chacun, la vinification retiendra toutes les attentions afin d’être réussie. Quantitativement, les volumes sont légèrement à la baisse. Il semble aussi que la canicule associée aux grands incendies, notamment celui de Correns, a quelque peu freiné le tourisme dans la région, ce qui a eu des répercussions sur les ventes, particulièrement au cœur du Var.
Cotignac : « nous avons évité le pire »
Ce fut aussi l’occasion, pour Alberic et Marie-Caroline Philipon, d’évoquer l’incendie qui a touché Cotignac et de mettre en avant la solidarité villageoise qui fut exemplaire pendant le sinistre qui a été stoppé en bordure de leur exploitation du Château Carpe Diem. Une période dramatique pendant laquelle l’association « Rouge Provence » s’est tenue à leurs côtés, les vignerons solidaires étant mobilisables à leur demande. « En fait, nous expliquait le propriétaire, nous avons évité le pire, contrairement à certains habitants de Cotignac qui ont tout perdu. Nous avons vécu des moments de grande angoisse mais nous avons été soutenus par de nombreux amis et clients et ça fait chaud au cœur. Aujourd’hui les vendanges se sont bien déroulées et, pour l’heure, fumées et cendres ne semblent pas avoir d’influence négative sur les jus. »
Dans quelques semaines, une fois vinifiée, la cuvée solidaire sera mise en magnum avant d’être étiquetée au début de l’année prochaine… Un nouveau rendez-vous qui sera marqué par l’assemblée générale d’hiver de l’association.
Michel EGÉA



