Biennale d’Aix 2026 : un automne aux couleurs de l’Italie entre patrimoine, cirque et création contemporaine

Publié le 10 septembre 2026 à 8h15 - Dernière mise à jour le 10 septembre 2026 à 8h14

Après un premier temps au printemps, la Biennale d’Aix 2026 reprend samedi 12 septembre pour deux mois de création dans toute la ville. Du Collectif XY aux œuvres numériques de Chroniques, en passant par l’artiste italienne Chiara Camoni, Angelin Preljocaj, Jeanne Vicerial, les nouvelles voix de la littérature ou le Bal magnétique de Massimo Fusco, cette deuxième séquence, aux couleurs de l’Italie, fait dialoguer patrimoine et création contemporaine. Jusqu’au 14 novembre, cirque, danse, arts plastiques, littérature et arts numériques investiront aussi bien les institutions culturelles que les rues et les quartiers d’Aix-en-Provence.

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Galerie de la Manufacture © Jeemy Griffaud

 

 

 

La Biennale d’Aix n’en a pas terminé avec 2026. Après un premier volet qui avait déjà placé la création au cœur de la ville, elle ouvre ce samedi 12 septembre une deuxième séquence qui se prolongera jusqu’au 14 novembre. Deux mois durant lesquels Aix-en-Provence entend à nouveau jouer avec ce qui constitue l’une des singularités de sa Biennale : faire dialoguer un patrimoine exceptionnel avec les formes les plus contemporaines de la création et ne pas enfermer la culture derrière les portes des théâtres et des musées. Cette fois, l’Italie colore largement la programmation. Mais la géographie de la manifestation reste résolument aixoise. Du quartier d’Encagnane à la place des Martyrs de la Résistance, de la Chapelle des Andrettes au Musée des Tapisseries, du Pavillon Noir au centre-ville, les œuvres et les artistes circuleront dans Aix.

Le Collectif XY prend de la hauteur à Encagnane

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Les Voyages – Collectif XY (Photo Samuel Buton /CieXY)

C’est à Encagnane que sera donné, ce samedi 12 septembre, le coup d’envoi de cette deuxième partie de la Biennale. Invité par le Grand Théâtre de Provence, le Collectif XY revient à Aix pour une semaine d’immersion. Près d’une vingtaine d’acrobates investiront le quartier et le Grand Théâtre de Provence, faisant des corps et de l’architecture les matériaux d’un même spectacle. Dans une rue, sur une place ou à la sortie d’une école, leurs apparitions doivent venir perturber doucement le quotidien et modifier le regard porté sur l’espace urbain. Le point culminant interviendra samedi à 18h30, place Romée de Villeneuve, avec « Les Voyages – Expérience 37 ». Pendant une heure et demie, les artistes du collectif déploieront ce langage qui a fait leur signature : des corps qui se portent, s’élèvent et composent dans les airs d’impressionnantes architectures humaines. Le spectacle, proposé en entrée libre, est conçu comme une expérience collective et une invitation à éprouver cette étrange sensation de légèreté que procure le fait de se laisser porter par les autres.

Chiara Camoni fait entrer l’Italie aux Andrettes

Destimed BIENNALE AIX 2026 sisters flame and floam 2024©ChiaraCamoni
Sisters flame and floam Chiara Camoni

Le même samedi, la Chapelle des Andrettes changera à nouveau de visage. Après avoir accueilli Fabien Léaustic et son exposition La chute, elle ouvrira ses portes à Chiara Camoni pour sa première exposition personnelle à Aix-en-Provence.

L’artiste italienne n’arrive pas tout à fait par hasard dans une Biennale placée sous le signe de l’Italie : elle a été choisie pour représenter le Pavillon italien de la 61e Biennale de Venise avec son projet Con te con tutto. Avec La Passeggiata (d’après), Chiara Camoni investit un lieu autrefois consacré au culte en travaillant précisément sur ce qui rassemble : les gestes, les rituels, la transmission et l’expérience collective.

Sculpture, artisanat et matériaux puisés dans la nature se rencontrent dans une pratique où l’œuvre naît souvent de gestes accomplis à plusieurs. Ses Sisters, figures emblématiques réalisées notamment à partir de matériaux organiques, de céramique, de cire ou d’éléments recueillis au cours de promenades, prendront place dans la chapelle. À cet ensemble s’ajouteront de nouvelles productions issues d’une performance réalisée avec des participantes et participants sur la montagne Sainte-Victoire. La géographie aixoise entre ainsi directement dans l’œuvre de l’artiste. L’exposition restera visible jusqu’au 7 novembre.

Jeanne Vicerial et Angelin Preljocaj : quand le vêtement rencontre la danse

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Film ATYS © Baptiste Lacaze

Autre dialogue, celui que noueront Jeanne Vicerial et Angelin Preljocaj. Le 24 septembre à 18h30, l’artiste et le chorégraphe se retrouveront au Musée des Tapisseries. La rencontre se poursuivra le lendemain au Pavillon Noir avec la projection de la captation d’Atys de Jean-Baptiste Lully, chorégraphié et mis en scène par Angelin Preljocaj, dont Jeanne Vicerial a réalisé les costumes.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement d’Incarnation – carte blanche Jeanne Vicerial. L’exposition-parcours se déploie jusqu’au 4 octobre dans quatre lieux patrimoniaux aixois : le Musée du Pavillon de Vendôme, le Musée des Tapisseries, la Chapelle de la Visitation et la galerie des sculptures du Musée Granet.

Les nouvelles écritures prennent la parole

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Les Promesses de l’aube © Pierre Gondard

Octobre fera également entrer la littérature dans la Biennale avec la quatrième édition des Promesses de l’aube, du 1er au 4 octobre. Le festival aixois entend donner la parole aux écritures émergentes et à une littérature qui ne se contente plus nécessairement de la page : elle se lit, se dit, se performe et se confronte aux préoccupations contemporaines.

Cette édition sera marrainée par Chloé Delaume. L’écrivaine ouvrira le festival sur scène avec la performance littéraire Lilith en son histoire, accompagnée du guitariste Benoist Bouvot. Elle disposera également d’une carte blanche et réunira Héloïse Brezillon, Aurélie Olivier, Solène Planchais et Guillaume Richez pour une soirée de lectures performées.

La manifestation ne se limitera pas aux rencontres d’auteurs. Dès le 1er octobre, trois tables rondes s’intéresseront notamment aux frontières entre réel et fiction, aux littératures féministes et à l’influence croissante des prescripteurs littéraires sur les réseaux sociaux, particulièrement auprès des jeunes lecteurs.

Une trentaine d’auteurs sont annoncés, parmi lesquels Monica Acito, Thibault Daelman, Sephora Pondi, Clara Héraut, Mathilde Forget, Hortense Raynal, Lucile Novat, Arno Bertina ou Sophie de Baere. Rencontres, grands entretiens, ateliers d’écriture et d’illustration pour les enfants viendront compléter ces quatre journées.

Le 3 octobre, la littérature quittera à son tour les salles pour gagner les rues avec Uto-Pax, une déambulation conduite dans le centre-ville par l’auteur et journaliste Richard Gaitet autour de textes consacrés à des « futurs désirables ».

Et la clôture, le dimanche, regardera directement notre époque avec May Day, pièce radiophonique de Jacky Schwartzmann mise en scène par la Compagnie TSF, qui interroge notre rapport à l’information, à la communication, aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle.

Avec le Bal magnétique, tout le monde entre dans la danse

Destimed BIENNALE AIX 2026 Le Bal magnetique Massimo Fusco©Thomas Bohl
Le Bal magnétique – Massimo Fusco © Thomas Bohl
Destimed BIENNALE AIX 2026 Le Bal magnetique Sophie Jacotot©Thomas Bohl
Le Bal magnétique – Sophie Jacotot ©Thomas Bohl

Changement d’atmosphère le 17 octobre. À 18 heures, place des Martyrs de la Résistance, Massimo Fusco présentera Le Bal magnétique. Danseur mais aussi masseur, l’artiste revisite l’univers des bals populaires. Dans un décor de mégalithes, trois danseuses entraîneront progressivement les spectateurs dans un voyage allant de la pizzica italienne aux farandoles, sur une musique nourrie d’influences folk et électro. Ici, la frontière entre ceux qui regardent et ceux qui dansent est appelée à disparaître. Chacun pourra entrer dans le mouvement à son rythme. Une manière de retrouver, par le corps et la danse, l’un des fils conducteurs de cette Biennale : faire communauté.

Les Imaginaires Numériques prennent possession de la ville

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© REY-Sacha

La fin octobre marquera l’un des grands temps forts de cette deuxième partie de la Biennale avec l’arrivée des Imaginaires Numériques. Organisée par Chroniques, la Biennale des Imaginaires Numériques se déroulera du 24 octobre 2026 au 17 janvier 2027. Mais c’est à Aix-en-Provence qu’elle installera son week-end d’ouverture les 30 et 31 octobre, dans le cadre de la Biennale d’Aix.

Le rendez-vous nocturne en espace public sera reconduit et étendu cette année à de nouveaux quartiers, notamment Encagnane. Neuf œuvres seront à découvrir au cours de deux soirées : installations lumineuses et participatives, mappings architecturaux et performances vidéo composeront un parcours gratuit dans la ville. Ces deux nuits accompagneront le vernissage simultané de cinq expositions collectives et individuelles présentées dans plusieurs lieux culturels aixois. Le parcours d’œuvres sera accessible les vendredi 30 et samedi 31 octobre, de 19 heures à 23 heures, tandis que les expositions ouvriront dès le vendredi à 17 heures.

Une Biennale qui fait de la ville son terrain de création

Derrière la diversité de cette programmation se dessine finalement une même conception de la culture. La Biennale ne juxtapose pas seulement les disciplines : elle cherche à provoquer leur rencontre et à les inscrire dans la ville. Un collectif d’acrobates transforme Encagnane en terrain de jeu ; une artiste italienne fait dialoguer ses sculptures avec une ancienne chapelle et Sainte-Victoire ; la littérature descend dans les rues ; la danse redevient bal populaire ; les créations numériques s’emparent de l’espace public. Du 12 septembre au 14 novembre, cette deuxième partie de la Biennale poursuivra ainsi le mouvement engagé depuis sa création en 2022 : faire d’Aix-en-Provence non seulement le décor de la création, mais l’un de ses acteurs.

La rédaction

La plupart des grands rendez-vous annoncés sont en entrée libre. La Biennale d’Aix 2026 se poursuit jusqu’au 14 novembre. Pour les informations et le programme complet : Biennale d’Aix 2026

 

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