Publié le 21 septembre 2026 à 6h52 - Dernière mise à jour le 21 septembre 2026 à 6h52
La tenue d’un match international de rugby féminin était une première pour Aix-en-Provence et son stade Maurice David. Ce fut un match hors du commun, que ce soit sur le terrain et à l’extérieur. Sur le terrain grâce à l’arbitre anglaise, Holly Wood, qui a fait son cinéma en jouant avec les appels vidéo et les cartons, à l’extérieur avec l’incendie spectaculaire d’un bus de la ville aux abords du stade.

Défaites la semaine dernière à Lyon face aux Black Ferns 14-28, les Tricolores avaient à cœur de se remettre la tête à l’endroit en recevant les Australiennes sous le soleil provençal. Pour cette première à Aix-en-Provence, le stade Maurice David avait presque fait le plein et les quelque 6 000 spectateurs ne savaient pas, au coup d’envoi, qu’ils allaient vivre un moment de folie hors du commun. D’une part à cause d’un bus de la ville qui allait brûler derrière la tribune Est du stade, d’autre part par l’intermédiaire de l’arbitre de la rencontre et de l’assistance vidéo, entre la 17e et la 26e minute. Car Mme Holly Wood, la bien prénommée et nommée, allait faire le spectacle en assénant pas moins de quatre cartons aux Françaises, dont un rouge direct et trois autres avec passage devant le bunker. Il est vrai que les Bleues payaient ainsi un manque de discipline évident avec, notamment, des chocs aux têtes de leurs adversaires qui menaient alors 0-7 et n’en demandaient pas tant.
11, puis 12, puis 13, puis 15 !
Ainsi, pendant une dizaine de minutes, les coéquipières de Pauline Bourdon Sansus se retrouvaient à 11 joueuses face à 15 solides Wallaroos qui inscrivaient deux nouveaux essais pour mener 0-19. À ce moment-là du match, personne, ou presque, n’aurait parié une pinte sur la victoire des Françaises. Et pourtant… À la 33e, les Bleues récupéraient une joueuse et, un peu plus tard, elles revenaient à 13 contre 15. Juste avant la mi-temps, Anaïs Grando marquait un essai permettant aux Françaises de rattraper un peu de retard, 5-19, suivie par Émilie Boulard, alors que les Bleues jouaient à 14 contre 15, qui ramenait les troupes tricolores à 12-19. Retour aux vestiaires.
Seconde période de folie
La suite allait être dantesque. Après que les sapeurs-pompiers (héros du jour pour lesquels des publicités de soutien étaient affichées) ont maîtrisé le feu du bus, la seconde période débutait avec un essai australien qui permettait aux Wallaroos de refaire un break, 12-26. Six minutes plus tard, les Bleues revenaient à 17-26 à la suite d’un bijou de Pauline Bourdon Sansus avant de se retrouver à 13 joueuses face à 14, Mme Holly Wood ayant de nouveau sévi en renvoyant une Australienne et une Française devant le bunker à la 64e. Portées par un public en fusion, les Bleues ravivées par un banc efficace poursuivaient la lutte et, collectivement, à la 68e, Elisa Riffonneau aplatissait dans l’en-but. 24-26, tout était encore possible et, à la 75e, les Françaises, guerrières jusqu’au bout des ongles, marquaient à nouveau par l’intermédiaire de Téani Feleu dans une ambiance indescriptible. La messe était dite et c’est avec une victoire 29-26 que les rugbywomen françaises célébraient leur première à Aix-en-Provence. Chapeau mesdames et mesdemoiselles… Et à bientôt, on l’espère !
Michel EGEA
Un bus en fumée à la mi-temps
Avant que l’arbitre ne rappelle les deux équipes pour la pause, une fumée inquiétante s’élevait derrière la tribune Est du stade Maurice-David. De plus en plus noire et épaisse, elle faisait craindre un feu de voiture sur le parking du stade. C’était avant que des informations nous parviennent pour signaler que le véhicule en feu était un bus de la ville d’Aix-en-Provence et qu’il n’y avait aucune personne touchée. Arrivés sur place, les sapeurs-pompiers se sont rendus maîtres de la situation rapidement. Un fait divers d’autant plus « d’actualité » qu’à l’occasion de ce match la FFR rendait hommage aux sapeurs-pompiers en assurant la promotion d’une collecte de fonds pour les œuvres caritatives et sociales de ces derniers, notamment sur les panneaux du stade pendant le sinistre.



