Publié le 16 août 2026 à 10h55 - Dernière mise à jour le 16 août 2026 à 10h55
Des dizaines de milliers de personnes se sont massées sur l’esplanade de la Major et aux abords du Mucem pour assister à un spectacle en trois dimensions mêlant drones, pyrotechnie et musique. Pendant près de trente minutes, le ciel de Marseille est devenu un immense terrain de jeu où lumières et feux d’artifice ont dessiné un spectacle sans cesse renouvelé. Dans la foule, des milliers de visages levés et, au terme du show, les mêmes mots : « magnifique », « incroyable », « extraordinaire ».

2 000 drones et des milliers de regards tournés vers le ciel

La nuit est tombée sur Marseille et, face à la Digue du Large, la foule est compacte. Puis les regards se lèvent. Les téléphones aussi. Dans le ciel, des points lumineux apparaissent, se rapprochent, s’éloignent et se recomposent pour former de nouvelles figures. À leurs côtés, les gerbes des feux d’artifice éclatent et retombent en pluie de lumière. Pendant quelques minutes, il n’y a presque plus qu’un seul mouvement : celui de ces milliers de têtes tournées vers le ciel.
La société Dionisos n’a pas mégoté sur les moyens. Quelque 2 000 drones lumineux et pyrotechniques ont permis de multiplier les figures au-dessus de la Digue du Large. Tous ne pouvaient cependant rester simultanément dans les airs pendant près de trente minutes. Leur autonomie a imposé l’utilisation de deux vagues successives de mille appareils. Une contrainte technique totalement invisible pour les spectateurs, happés par le ballet qui se déroule au-dessus d’eux.
Drones, musique et pyrotechnie à l’unisson

C’était une première : faire cohabiter dans un même spectacle bande sonore, pyrotechnie et drones. L’opération a nécessité deux mois de préparation et une étroite collaboration entre Ruggieri, spécialiste de la pyrotechnie, et Dionisos. Car pour que la magie fonctionne, tout doit être réglé à la seconde près. La musique accompagne les mouvements lumineux, les drones dessinent leurs figures tandis que les feux d’artifice viennent ponctuer le spectacle. Trois univers qui doivent ne plus en former qu’un. Et lorsque le ciel s’embrase dans une succession de bouquets, les applaudissements partent spontanément de la foule.
À la fin du spectacle, les superlatifs se bousculent. « C’est la première fois que je voyais un spectacle mélangeant feu d’artifice et drones, raconte une mère de famille. J’ai trouvé cela très, très sympa, très joli. J’en ai eu plein les yeux. » Sa fille a surtout retenu les figures apparues dans le ciel : « Les drones, ils faisaient des trucs stylés et le bouquet final du feu d’artifice était très joli. » « C’était magnifique, enchaîne un retraité. C’est Marseille, bébé ! Super organisation, très convivial, les gens sont de bonne humeur, ça fait plaisir. » Même enthousiasme chez des adolescents : « On ne va pas se mentir, le feu d’artifice avec les drones, tout ça, franchement, c’était incroyable. »
Regarder le spectacle dans les yeux de son enfant
Mais au milieu de cette foule, certains ont vécu le spectacle autrement. Ce père de famille en garde une émotion particulière : « Merveilleux. C’était la première fois pour ma petite princesse, donc j’étais plus en train de regarder le feu d’artifice à travers ses yeux. Et je me suis régalé avec le mélange des drones et de la musique. » Dans la foule, justement, les enfants ne perdent presque rien de ce qui se passe au-dessus d’eux. On applaudit, on montre du doigt, on cherche la prochaine figure. Une petite fille a fait son choix : c’était « trop bien », mais surtout « le soleil à la fin, il était trop beau ». Un touriste, lui, cherche encore ses mots : « Magnifique, extraordinaire, sans mots… magnifique. »
Une nuit où Marseille regarde dans la même direction

Car derrière la prouesse technologique, il y avait peut-être autre chose. Une grande fête populaire qui a réuni des dizaines de milliers de personnes entre la Major et le Mucem. Des familles, des enfants, des adolescents, des touristes, des Marseillais de tous âges qui, pendant quelques dizaines de minutes, ont partagé le même spectacle. « Il faut plus d’événements comme ça, estime une spectatrice. Des événements qui puissent rassembler les gens. Il y avait des personnes de tous milieux, de tous endroits, et c’est ça qui fait Marseille. Marseille est cosmopolite, on le sait, donc c’était un vrai plaisir. » « Ça fait fin d’été, relève un autre spectateur. On a encore des moments dont il faut profiter et voir du monde réuni comme cela, c’est sympa et ça fait chaud au cœur. »
L’Été marseillais se poursuit encore quelques semaines. Mais ce soir-là, entre la Major, le Mucem et la Digue du Large, Marseille s’est offert une parenthèse : des milliers de personnes réunies, les yeux tournés vers le même ciel.

Reportage Joël BARCY



