Publié le 21 avril 2026 à 10h48 - Dernière mise à jour le 21 avril 2026 à 10h50
Plus d’une vingtaine de diplomates étrangers ont été invités à découvrir le port de Marseille Fos, vitrine industrielle en pleine mutation. Dans un contexte international instable, ces relais d’influence sont au cœur d’une stratégie portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : convaincre que la France, et Marseille en particulier, reste une terre d’investissement crédible.

Venez investir
Le port de Marseille Fos a déroulé ses arguments devant les diplomates. À travers de vastes plans déployés au sol, ils ont pu mesurer l’ampleur des bassins Ouest, entre logistique de pointe et transformation vers une industrie plus verte. Pour illustrer cette évolution, quatre industriels sont venus présenter leurs projets. Parmi eux, le groupe sidérurgiste italien Marcegaglia. « C’est un investissement malin à plus d’un titre, indique Jacques-Yves Floch, directeur général de Marcegaglia Fos-sur-Mer. Nous disposons déjà d’une implantation avec le rachat d’Ascométal. Ce projet s’inscrit dans la stratégie du groupe, tournée vers la souveraineté européenne. L’idée est de produire localement, à partir de ferraille recyclée, plutôt que d’importer de l’acier très émetteur de CO₂. Nous comptons aussi sur des synergies avec les entreprises voisines. »
Un monde déstabilisé
Droits de douane américains, conflits au Moyen-Orient, le contexte économique international reste incertain et les équilibres fragiles. Dans ce cadre, la séduction des investisseurs devient aussi un enjeu diplomatique. « Dans ce monde déstabilisé, nous avons besoin de confiance, assure Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du port de Marseille Fos. Confiance dans les échanges, dans la diplomatie comme dans l’économie. Des journées comme celle-ci permettent de construire cette confiance avec les représentants de différents pays. »
Sur le terrain

Pour convaincre, la visite du site s’imposait. Les diplomates ont découvert Fos, ses infrastructures logistiques et ses porte-conteneurs XXL, mais aussi une industrie engagée dans une vaste transformation, avec des objectifs de décarbonation à l’horizon 2030 et le développement de l’éolien offshore.La visite semble avoir marqué les esprits. « Nous avons beaucoup appris sur les ambitions de Marseille, estime Pierre Clive Agius, ambassadeur de Malte à Paris. La ville évolue vers unnouvelle ère environnementale, et c’est essentiel pour nous. » Même constat du côté de Fahad Alruwaili, ambassadeur d’Arabie saoudite en France : « C’est un port majeur et un partenaire industriel important. La coopération maritime et industrielle entre nos deux pays est déjà forte. » Ole Denstad, premier secrétaire de l’ambassade de Norvège à Paris, souligne de son côté les perspectives : « Les projets de décarbonation, d’électrification du port et d’éolien offshore correspondent à nos priorités. Nous étudions donc les opportunités avec attention. »
20 milliards d’euros d’investissements
Depuis le môle central, les diplomates ont pu embrasser l’ampleur du site, au cœur d’un enchevêtrement de darses. C’est ici que doivent s’implanter des dizaines d’entreprises de nouvelle génération. À la clé, 20 milliards d’euros d’investissements et la création annoncée de 10 000 emplois. Un niveau de développement inédit depuis la création des bassins Ouest.
Reportage Joël Barcy



