Publié le 24 juin 2026 à 6h46 - Dernière mise à jour le 24 juin 2026 à 7h04
Le vote du budget rectificatif de la Métropole Aix-Marseille-Provence devra encore attendre. Dans son arrêté, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, demande de trouver 53 millions d’euros en réduisant les attributions de compensation (AC) versées aux communes. Une option que rejette catégoriquement David Ytier, vice-président délégué aux finances, qui dénonce une mesure « politique » et juge ce scénario inapplicable. Entretien.

Dans quelle ambiance va se réunir le conseil de la Métropole ce mercredi ?
Ce sera un conseil métropolitain classique, sans éléments saillants. Il n’y aura pas de sujets liés au budget à l’ordre du jour. On n’aura pas de scoops. Tout le monde a déjà dit ce qu’il avait à dire sur ce dossier. L’arrêté du préfet est tombé après la fixation de l’ODJ donc ce ne sera pas abordé.
Jacques Witkowski vous demande de les trouver ces 53 millions en amputant les AC (attributions de compensation) versées aux communes. Vous vous y opposez ?
C’est une posture politique et non technique de l’État. Cela ne peut pas être exécutoire. Pour valider cette amputation de 53 millions d’euros il faut que chacune des 92 communes délibère sur une diminution de ses AC. On voit mal quel maire acceptera. Par ailleurs les 2/3 du conseil métropolitain doivent valider cette décision. Autant dire qu’on ne trouvera jamais de majorité et qu’aucun maire n’acceptera de se faire hara-kiri.
Mais la cour régionale des comptes avait déjà alerté en 2022 sur le déséquilibre des AC. Vous ne voulez pas le régler ?
Les AC sont décorrélées des réalités économiques d’aujourd’hui c’est certain mais on ne va pas faire de l’archéologie, remonter sur les justifications, les transferts de compétences, la compensation des recettes, le gel des acquis. Rien ne serait voté.
Alors comment comptez-vous trouver ces 53 millions. En faisant une cote mal taillée : une amputation partielle des AC et de la DSC (Dotation de solidarité communautaire) ?
Rien n’est arrêté mais toucher ne serait qu’un montant des AC entraînerait un blocage. Ce qu’on va soumettre au vote c’est un report du versement des 66 millions d’euros de la DSC. Il était prévu avant la fin juin, on va délibérer pour qu’il soit versé, quel que soit son montant, d’ici octobre aux communes.
À ce rythme, faut-il s’attendre à un budget seulement à l’automne ?
Non, le budget on l’a. Il existe, la Métropole paie ses factures, peut lancer des choses. Le budget c’est celui qui est contenu dans l’arrêté du préfet. Ce qui manque aujourd’hui ce sont les 53 millions concernant les attributions de compensation. La Métropole doit reverser environ 650 millions aux communes, pour l’instant on en a 600. Donc il faut les trouver ailleurs si on ne suit pas la mesure du préfet.
Mais vous avez déjà réalisé 90 millions d’euros d’économies, raboté sur les subventions aux associations, sur le train de vie de la Métropole, sa communication. Vous êtes un peu à l’os ?
C’est mon sentiment. Il y a un aveuglement de l’État qui nous dit: « Tout va bien vous avez ce qu’il faut en dotations » et nous, les élus, qui avons une vision diamétralement opposée. Les Métropoles sont à bout de souffle. Montpellier augmente ses taxes de 500%, Bordeaux est sur le réseau d’alerte des finances publiques. Nous ne sommes pas les seuls. Une chose est sûre après 10 ans, nous sommes au bord de la rupture, on est au bout d’un modèle.
Mais pour 2026 et les 53 millions à trouver ?
On travaille, on essaie de trouver des pistes de recettes, de mixer des solutions. De nouvelles économies, une réduction de la DSC, tout est ouvert.
Vers quelle date aurez-vous arrêté une décision ?
En juillet ou en septembre.
Propos recueillis par Joël BARCY
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