Métropole Aix-Marseille-Provence. Une conférence des maires ou l’art de faire passer la pilule

Publié le 9 juillet 2026 à 6h51 - Dernière mise à jour le 9 juillet 2026 à 6h51

La situation est grave, mais les élus ont déjà la tête en vacances et les agents de la Métropole s’apprêtent à prendre les leurs. Rendez-vous est donné au 10 septembre pour le vote de la décision modificative (DM) du budget 2026. D’ici là, le président de la Métropole, Nicolas Isnard entend faire passer la pilule en recomposant l’enveloppe financière territoriale. Il propose aux communes une monnaie d’échange : compenser la baisse des dotations de fonctionnement par une aide à l’investissement, via un dispositif baptisé « fonds de concours ». Adjoints aux finances, à vos calculettes.

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Nicolas Isnard, président de la métropole Aix-Marseille-Provence (Photo Joël Barcy)

 Un NON au préfet

L’hémicycle n’a pas fait le plein, signe que la lassitude gagne, que tout semble artificiel, sauf la facture finale ; qu’il n’y a pas de recettes miracles et qu’à la fin il n’y aura que des perdants. Deux décisions ont cependant été actées lors de cette conférence des maires, élargie aux autres conseillers communautaires. La première, la Métropole claque la porte au nez du préfet et retoque sa volonté d’amputer les attributions de compensation (AC) de 53 millions d’euros dans le budget 2026. La seconde, une majorité d’élus remet sur le métier l’amputation de 53 millions de la Dotation de solidarité communautaire (DSC) évoquée par la chambre régionale des comptes. Problème dans l’opération certaines communes trinquent.  Marseille perd plus de 33 millions d’euros sur les 46 octroyés initialement. Plus petite, la ville de Septèmes-les-Vallons donne la main et le bras, autour des 300 000 euros sur les 395 000 prévus.

Monnaie d’échange

Pour faire passer la pilule, on a fait tourner les ordinateurs et les méninges. A l’arrivée Eurêka : le fonds de concours. Pour faire simple on propose aux communes pénalisées par une chute drastique de leur DSC de la compenser par une aide à l’investissement. L’opération est légale, mais trop artificielle pour Benoît Payan. Il  trouve la ficelle de cette monnaie d’échange un peu grosse. « C’est essayer de raconter une histoire à dormir debout et qui consiste à dire: “Vous perdez du fonctionnement, je vous donne de l’investissement” mais en fait la ville de Marseille n’a pas besoin d’investissement, elle a besoin de retrouver ses petits. Les Marseillais sont ceux qui paient le plus d’impôts en pourcentage et en masse. On a une métropole qui est un guichet où des gens viennent se servir et viennent la main sur le cœur en disant on doit être tous solidaires à partir du moment où c’est Marseille qui paie mais ça, ça ne marche pas.»

Consensus ?

 La complexité de la fusion des 6 EPCI dans la Métropole Aix-Marseille-Provence en 2016 est telle que pour l’heure tout le monde remet en cause le résultat mais peu conteste la règle. On ne s’écharpe plus dans l’hémicycle, « le consensus est là » affirme le président Nicolas Isnard,  mais on n’est pas encore entré dans le dur.  « Ensemble nous allons voter cette délibération modificative du budget en septembre, ensemble nous allons asseoir cette Métropole sur des fondamentaux financiers plus solides. On est dans la phase 1 de la nouvelle Métropole, l’idée est de remettre à plat cette maison pour qu’elle puisse partir sur des fondations solides. »

Coupes budgétaires

Mais déjà les dents grincent sur les 90 millions d’économies déjà actés. « Des associations ont vu leur budget amputé de manière astronomique »,  dénonce le maire de Marseille. « Il faut que l’on voie plus clair sur les coupes opérées dans les politiques publiques, relaie Loïc Gachon, maire de Vitrolles. Où vont être opérés ces 90 millions d’euros que propose le préfet et pour l’heure on n’a pas de visibilité.»

Le feu pourrait bien couver sous la cendre cet été et l’automne s’annoncer plus complexe que prévu malgré l’optimisme du président.

Reportage Joël BARCY

 

 

 

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