Publié le 19 juillet 2026 à 10h46 - Dernière mise à jour le 19 juillet 2026 à 10h46
Arthur et Céline s’aiment, se déchirent, se quittent et se retrouvent. Inspirée du best-seller de Thomas d’Ansembourg, cette comédie interactive, portée par un trio d’interprètes particulièrement convaincant, explore avec humour les fragilités de la vie à deux. Un spectacle populaire qui séduit autant par ses répliques que par la justesse de son jeu.

« Être en couple, ce n’est faire qu’un. Oui, mais lequel ? »
Lui, c’est Arthur. Elle, c’est Céline. Leur histoire commence sur un site de rencontres. Très vite, ils forment un couple… explosif. Une situation qui illustre à merveille cette formule attribuée à Oscar Wilde : « Être un couple, c’est ne faire qu’un. Oui, mais lequel ? », mais aussi celle de Sacha Guitry : « Le mariage, c’est résoudre à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eus tout seul. »
Avec « Cessez d’être gentil, soyez vrai dans le couple », le public assiste à une comédie aussi légère qu’intelligente, qui s’amuse des mécanismes de la vie à deux tout en invitant à une véritable réflexion. Inspirée du best-seller éponyme de Thomas d’Ansembourg, qui interprète sur scène son propre rôle de psychologue, cette pièce, coécrite par Camille Bardery, Ivan Calbérac -qui en signe également la mise en scène- , Guy Corneau et Danielle Proux, fait participer les spectateurs en les invitant, à plusieurs reprises, à réagir aux situations et aux questions soulevées.
Céline étouffe Arthur, redoute d’être abandonnée. Lui noie ses failles dans l’alcool, n’a jamais réglé ses comptes avec sa mère et reproche à sa compagne de l’empêcher de respirer. Entre disputes à répétition, ruptures aussitôt suivies de réconciliations et éternels « Je t’aime, mais je te quitte » ou « Tu me saoules, mais je reviens », la consultation d’un psy leur permettra de comprendre combien les mécanismes qui nous ont aidés à nous construire peuvent, avec le temps, finir par nous enfermer. Éloge de la confiance en soi et de l’acceptation de ses forces comme de ses fragilités, cette comédie séduit autant par des répliques qui font mouche que par des situations irrésistiblement drôles.
Des interprètes au diapason

C’est surtout grâce au jeu précis et sans esbroufe de ses trois interprètes que la pièce fonctionne aussi bien. En faux-vrai conférencier, Thomas d’Ansembourg se révèle d’une justesse et d’une intelligence remarquables. Sous les traits de Céline, Camille Bardery, comédienne aguerrie, est irrésistible. À ses côtés, François Nambot, dont nous avions déjà salué la mise en scène d’« Arletty, un cœur très occupé » de Jean-Luc Voulfow, compose un Arthur aux multiples facettes.
Et, comme au théâtre on n’est jamais bon tout seul, leur complicité fait merveille. Une complicité qui, à la différence de celle de leurs personnages, n’a rien d’orageux. Certes, le texte n’a ni la finesse d’un Guitry, ni l’élégance d’un André Roussin ou d’un Barillet et Grédy. Mais l’essentiel est ailleurs : on passe un moment de théâtre réjouissant. Un théâtre populaire, jamais populiste ni vulgaire. Une comédie comme on les aime.
Jean-Rémi Barland
« Cessez d’être gentil, soyez vrai dans le couple » jusqu’au 25 juillet à 9h55 au Théâtre des Gémeaux – 10 rue du Vieux Sextier – 8400 Avignon. jusqu’au 25 juillet à 9h55. plus d’info et réservations : theatredesgemeaux.com
La pièce sera reprise du 18 novembre mardi et jeudi à 19h et mercredi à 21h au 23 décembre à Paris au théâtre Tristan Bernard, 64 rue du Rocher 75008 Paris. plus d’info et réservations: theatretristanbernard.fr




