Plan or Bleu : pas de restrictions d’eau cet été, mais la Région prépare l’après

Publié le 29 mai 2026 à 20h24 - Dernière mise à jour le 29 mai 2026 à 20h24

Loin des inquiétudes de 2022 et de la baisse sensible des réserves de Serre-Ponçon et de Sainte-Croix, la Région Sud aborde l’été 2026 avec davantage de sérénité. Les pluies abondantes de février et du début du mois de mai ont reconstitué les nappes et les stocks d’eau. Mais cette embellie ne fait pas oublier les défis du réchauffement climatique. Lancé il y a quatre ans, le plan Or Bleu continue de structurer les investissements destinés à sécuriser l’approvisionnement en eau pour les décennies à venir.

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De gauche à droite Zoé Mahé, Directrice-adjointe de la DREAL – Bénédicte Martin, Bénédicte Martin, vice-présidente de la région en charge de l’agriculture et de la viticulture – Benoît Moreau, directeur du développement de la Société du canal de Provence (Photo Joël Barcy)

 Moins d’eau consommée malgré la croissance

 Dans une région préoccupée par la sécheresse depuis des siècles, les anciens ont appris à gérer l’eau. Canaux, barrages, stockages font partie du paysage. Étonnamment, malgré une augmentation de la population, de la croissance industrielle et d’une agriculture plus productiviste, la consommation d’eau baisse progressivement depuis quelques décennies dans la région. «On note une baisse de la consommation d’eau à peu près de 1% par an, quels que soient les usages, commente Benoît Moreau, directeur du développement de la Société du canal de Provence (SCP). On a mesuré une baisse de la consommation de 25% dans l’industrie entre 2012 et 2022 donc c’est assez significatif. Pour l’agriculture, en intégrant le goutte à goutte et les changements de cultures, moins gourmandes en eau, on a réduit de 50% la consommation en 40 ans

Sécuriser les territoires face aux sécheresses

Cependant Provence-Alpes-Côte d’Azur  est très impactée en cas de sécheresse car elle possède des nappes phréatiques peu profondes. Des villages du Var sont privés d’eau certains étés car les sources sont taries. Même difficultés dans le Vaucluse. Aussi, plusieurs projets visent à mailler et à sécuriser les zones déficitaires. Le projet Hauts de Provence rhodanienne (365 M€) vise à moderniser le réseau dans le Nord-Vaucluse et à substituer les ressources locales par de l’eau prélevée dans le Rhône. L’autre projet, Var bleu, d’un montant presque équivalent devrait aussi résoudre de nombreux problèmes. « Ce projet vise à sécuriser tout le cœur du Var et l’arrière-pays varois, indique Bénédicte Martin, vice-présidente de la région en charge de l’agriculture et de la viticulture. Ce projet va se traduire par une grosse tuyauterie qu’on appelle la Permienne, sur 52 kilomètres. Elle permettra de sécuriser 60 communes et de déployer des réseaux sur 15 000 hectares. » Enfin 3e grand projet, la réouverture du tunnel du Rove pour restaurer durablement les équilibres écologiques de l’étang de Berre.

Faire de l’eau usée une ressource

La Réutilisation des eaux usées traitées (Reut) va se poursuivre. En 2030, 50 millions de m3 d’eau seront économisés grâce à  cette réutilisation notamment sur le littoral. Ici, la demande touristique forte nécessite de trouver d’autres ressources pour l’irrigation, l’arrosage des espaces verts ou certaines applications industrielles. La Reut permet cet apport.

L’eau, un défi pour les décennies à venir

Toutes les données le certifient, avec le réchauffement climatique nous aurons des saisons de plus en plus contrastées avec des étés qui commencent plus tôt et se terminent plus tard.  Il faut anticiper, avoir des cultures moins gourmandes en eau, des compteurs connectés, la télédétection avec une vision satellitaire des cultures et un maillage du territoire pour assurer un approvisionnement sur l’ensemble du territoire.  Les investissements du plan Or bleu ont cet objectif. Même si nous consommons moins d’eau, tous secteurs confondus ce sont deux milliards de m3 d’eau, soit près du double du stockage du lac de Serre-Ponçon, qui sont consommés chaque année.

Reportage Joël BARCY

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