Publié le 29 mai 2026 à 21h23 - Dernière mise à jour le 29 mai 2026 à 21h53
Le refus de la municipalité niçoise d’accueillir les compétitions de hockey sur glace à l’Allianz Riviera contraint les organisateurs à revoir en profondeur la carte des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

Le projet olympique des Alpes françaises connaît un nouveau tournant. Réuni vendredi à Décines-Charpieu, le Bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques Alpes 2030 a examiné l’avenir du pôle glace, initialement prévu à Nice. À l’issue de cette réunion de travail menée avec les représentants du Comité international olympique (CIO), le regroupement de l’ensemble des épreuves de glace dans la métropole de Lyon apparaît désormais comme la solution privilégiée.
Cette évolution marque un changement majeur par rapport au projet présenté lors de la candidature victorieuse des Alpes françaises. À l’époque, l’équilibre entre les territoires d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d’Azur constituait l’un des fondements du dossier. Nice devait accueillir une grande partie des disciplines de glace et bénéficier d’un héritage structurant pour le développement de ces sports.
Le refus de l’Allianz Riviera a rebattu les cartes
Depuis l’élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice, plusieurs désaccords sont apparus autour de l’organisation des Jeux. Le nouveau maire a notamment refusé l’installation d’une patinoire temporaire dans l’Allianz Riviera pour accueillir les compétitions de hockey sur glace. Face à cette situation, le COJOP, le CIO et les fédérations internationales ont étudié plusieurs scénarios alternatifs permettant de maintenir les épreuves sur la Côte d’Azur. Mais selon les organisateurs, les solutions envisagées se sont révélées insatisfaisantes sur les plans technique, budgétaire ou organisationnel. Dans son communiqué, le Comité d’organisation rappelle que les fédérations internationales et le CIO ont exprimé leur volonté de conserver un pôle glace unifié. C’est dans ce contexte que la piste lyonnaise s’est progressivement imposée.
Lyon désormais en pole position
À l’issue des analyses conduites ces dernières semaines, le regroupement de l’ensemble des épreuves de glace dans la métropole de Lyon, à l’exception du patinage de vitesse, apparaît aujourd’hui comme l’option la plus solide pour garantir la qualité sportive et organisationnelle des Jeux. Les organisateurs soulignent toutefois que des études techniques et financières complémentaires doivent encore être menées avant toute validation définitive. Le calendrier fixé avec le CIO, le Comité international paralympique et les fédérations internationales prévoit une décision à la fin du mois de juin.
Un héritage qui s’éloigne pour Nice
Cette réorganisation constitue un revers important pour Nice et plus largement pour la Région Sud. Le projet initial reposait en effet sur la création d’un véritable héritage pour les sports de glace. Le COJOP reconnaît lui-même dans son communiqué regretter profondément cette évolution et souligne la frustration du mouvement sportif face à la disparition probable d’équipements pérennes destinés à ces disciplines sur le territoire azuréen. Au-delà des compétitions, c’est toute la philosophie d’équilibre territorial qui accompagnait la candidature des Alpes françaises qui se trouve aujourd’hui remise en question.
Renaud Muselier dénonce « un gâchis phénoménal »
La réaction de Renaud Muselier n’a pas tardé. Le président de Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui avait porté la candidature olympique aux côtés de Laurent Wauquiez puis de Fabrice Pannekoucke, ne cache pas son amertume. Pour lui, la perspective de voir partir le pôle glace vers Lyon représente un échec majeur pour le territoire. « C’est un gâchis phénoménal », a-t-il déclaré, tout en précisant être « très content pour Lyon » mais « dévasté » pour la Région Sud. Le président de Région pointe directement les choix de la nouvelle municipalité niçoise dans ce dossier. « On a gagné les Jeux avec Christian Estrosi et on les a perdus avec Éric Ciotti », affirme-t-il. Une déclaration qui illustre la dimension désormais politique d’un dossier qui dépasse largement la seule question de l’organisation sportive.
Une décision définitive sur la nouvelle cartographie des sites olympiques est attendue d’ici la fin du mois de juin. Si elle est confirmée, la relocalisation du pôle glace à Lyon constituera l’un des changements les plus significatifs intervenus depuis l’attribution des Jeux d’hiver 2030 aux Alpes françaises.
Patricia CAIRE
A lire aussi : JO d’hiver 2030. Blocage à Nice autour du pôle glace, trois jours pour trancher
JO d’hiver 2030 : la Solideo entre dans le dur, le hockey première mise à l’épreuve



