Marseille. M99, la dernière pièce d’une skyline née d’un pari fou

Publié le 26 juin 2026 à 19h18 - Dernière mise à jour le 26 juin 2026 à 19h18

Il y a vingt-cinq ans, alors qu’Arenc n’était encore qu’un vaste territoire de friches industrielles, Marc Pietri imaginait une skyline sur le littoral marseillais. Un pari jugé audacieux à l’époque. Avec l’achèvement de la tour M99, Constructa boucle aujourd’hui le projet porté par son fondateur, disparu en 2020 avant d’avoir vu son rêve se concrétiser.

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M99 une tour de 30 étages qui fait partie des rares IGH, (Immeubles de grande hauteur), composé uniquement de logements © TECMA

Un projet démentiel

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Les façades de la M99 sont préfabriquées chez Rampa, une société ardéchoise. 600 pièces de béton décarboné arrivent quotidiennement pour offrir une robe blanche à la tour © Joël Barcy

À l’aube des années 2000, imaginer une skyline à Marseille faisait sourire plus d’un observateur. Euroméditerranée venait tout juste d’être lancée sur les anciennes friches industrielles d’Arenc lorsque Marc Pietri fait le pari de la verticalité. Le promoteur réserve plusieurs parcelles avec l’ambition d’y ériger un ensemble de tours, un projet aussi audacieux que controversé. L’objectif est alors de livrer l’ensemble avant 2013, année où Marseille sera Capitale européenne de la culture. Mais la crise financière des subprimes vient rebattre les cartes. Les investisseurs se montrent plus prudents, les financements tardent à se concrétiser et le calendrier initial vole en éclats.

« Ça été compliqué »

« Ça été compliqué, long, concède le fils du promoteur, Jean-Baptiste Pietri, architecte et aujourd’hui PDG du groupe Constructa. Quand on s’attaque à des ouvrages d’une telle importance avec un tel défi technique, commercial mais aussi politique il faut beaucoup, beaucoup de volonté et d’ambition. Mais on n’a jamais pensé abandonner. »

99 mètres de haut 

La tour fait partie des rares IGH, (Immeubles de grande hauteur), composé uniquement de logements. « On a construit des immeubles de bureaux de cette dimension mais on n’a pas réalisé de tour de logements de cette hauteur depuis un demi-siècle »,  insiste l’architecte. C’est par ailleurs   un geste architectural. « C’est un objet, un ouvrage extrêmement important dans la ville de naissance de l’entreprise. C’est un bâtiment unique en France et cela marquera son histoire »

Façades préfabriquées

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De gauche à droite, Jean-Baptiste Pietri, président du groupe Constructa, et Simon Soulimant, directeur de Legendre Méditerranée, devant le chantier de la tour M99, où ils ont présenté la mise en œuvre des éléments de façade préfabriqués. (Photo Joël Barcy)

Jean-Baptiste Pietri a repris le principe de la Porte Bleue, avec ses arcades préfabriquées en béton teinté dans la masse. Les façades de la M99 sont préfabriquées chez Rampa, une société ardéchoise. 600 pièces de béton décarboné arrivent par camions quotidiennement pour offrir une robe blanche à la tour. Aucun enduit ou peinture, le béton restera tel qu’il est. « Vous avez une trentaine de moules qui sont consacrés au projet, décrypte Simon Soulimant, directeur de Legendre Méditerranée. On a un process qui transfère un process bâtimentaire en process industriel. » Ces modules préfabriqués permettent une grande linéarité dans le travail et le respect des calendriers. En outre l’externalisation d’une partie de la construction permet d’avoir un chantier moins harassant pour les ouvriers. « Regardez, vous êtes sur un chantier, nous sommes en plein après-midi, on n’a pas de bruit, on a une pénibilité qui est moins importante sur site, les compagnons ont beaucoup moins de bruit et de poussière. »

Dernier élément

La M99 vient compléter l’ensemble : La Marseillaise, la Porte Bleue et Le Balthazar,  toutes liées au groupe Constructa. Cette tour de 30 étages offre un programme mixte avec 96 logements étudiants, un hôtel de 130 chambres et 102 appartements du studio au F5. Les deux premiers sont commercialisés. Il reste 60% des appartements à vendre. « Les prix au mètres carrés vont de 8 000 à 11 000 euros, indique le promoteur. Au départ nos clients étaient surtout Marseillais mais maintenant nous avons des Parisiens, des Lyonnais et des Américains.  Il faut dire que, hormis la voie urbaine qui est proche des premiers étages, la tour demeure un spot. Il n’y a plus beaucoup de terrain en France et même en Europe avec des situations aussi belles. C’est même je crois pour moi un des derniers terrains en France qui permet des logements en accession sur la mer et sur l’activité du port. » Mais il faudra encore attendre deux bonnes années pour avoir son logement d’étudiant, sa chambre d’hôtel ou son logement.

Reportage Joël BARCY

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